Modifié : 11h48 par Tiphaine Coulon avec Stéphane David

Petite enfance : la colère gronde devant la préfecture de l'Aveyron

Une trentaine de professionnels de la petite enfance se sont rassemblés ce jeudi devant la préfecture de Rodez (Aveyron). Ils dénoncent une dégradation des conditions d'accueil des enfants, un manque de personnel formé et une faible reconnaissance de leur métier.

TOTEM

 

La mobilisation nationale des professionnels de la petite enfance a trouvé un écho en Aveyron. Ce jeudi 8 octobre 2026, une trentaine de personnes se sont réunies devant la préfecture de Rodez (Aveyron) pour faire entendre leurs revendications.
 
Dans un contexte marqué par les discussions autour du futur budget de l'État et l'ouverture de la campagne présidentielle, les salariés du secteur veulent alerter sur les difficultés croissantes rencontrées dans les crèches et les structures d'accueil des jeunes enfants. Au cœur de leurs préoccupations : la qualité de l'accueil proposé aux familles, le niveau de formation des personnels, l'attractivité des métiers et les conditions de travail.
 

Des professionnels inquiets pour la qualité de l'accueil

Éducatrice de jeunes enfants à la crèche associative de Marcillac-Vallon (Aveyron), Justine Lacan estime que les réformes successives ont progressivement fragilisé le secteur.
 
Ça fait plusieurs années qu'au niveau de la petite enfance, on enchaîne des réformes qui vont toujours dans le sens du rabais de la qualité d'accueil. On a des professionnels qui sont de moins en moins formés pour s'en occuper. Toujours plus d'enfants à accueillir avec moins de professionnels, donc nécessairement moins d'attention qui peut leur être portée tous les jours.
 
L'éducatrice pointe également les taux d'encadrement actuellement en vigueur. Elle rappelle qu'une professionnelle peut être amenée à s'occuper seule de cinq bébés de moins d'un an ou de huit enfants plus âgés.
 
Pour améliorer les conditions d'accueil, elle défend des effectifs renforcés. "Dans un monde idéal, on serait deux pour cinq bébés. Un minimum serait d'être deux pour six bébés et éventuellement trois pour huit enfants".
 

Une demande de reconnaissance de la pénibilité

Au-delà des effectifs, les manifestants réclament également une meilleure reconnaissance de leurs conditions de travail. Pour Justine Lacan, l'amélioration des salaires constitue une première étape, mais elle estime que la pénibilité du métier reste largement sous-estimée.
 
Des professionnels ont une charge de travail beaucoup trop intense et finissent très souvent avec des problèmes chroniques physiques à la fin de leur carrière.
 
Problèmes de dos, de genoux ou encore d'épaules font partie des troubles évoqués par les personnels mobilisés. Selon eux, ces pathologies sont directement liées à l'exercice quotidien de leur profession.
"On a absolument aucune reconnaissance là-dessus", regrette-t-elle.
 

 

 

Les salariées du secteur de la petite enfance demandent plus de reconnaissance.