Modifié : 11h15 par Tiphaine Coulon avec Stéphane David

Congrès des maires de l'Aveyron : entre adaptation et inquiétudes

Réunis à Rignac (Aveyron) pour leur congrès annuel, les maires aveyronnais ont affiché un état d'esprit mêlant prudence, capacité d'adaptation et inquiétudes face aux incertitudes budgétaires et au contexte politique national.

Le Congrès des maires de l'Aveyron s'est tenu le 8 octobre 2026 à Rignac.
Benjamin Morel était l'invité du Congrès des maires de l'Aveyron le 8 octobre 2026.
Crédit : Stéphane DAVID / TOTEM

Les maires de l'Aveyron étaient réunis ce jeudi 8 octobre 2026 à Rignac (Aveyron) à l'occasion du traditionnel congrès annuel de l'Association des maires de l'Aveyron. Au programme : finances publiques, avenir des collectivités locales et analyse du contexte politique national à quelques mois des prochaines échéances électorales.

 
Dans un climat marqué par les interrogations autour de la préparation du budget de l'État et de ses conséquences pour les collectivités, les élus ont également assisté à une intervention du politologue Benjamin Morel. Entre attentisme et préoccupations budgétaires, une question revient : quel est aujourd'hui le moral des maires aveyronnais ?
 

Un contexte budgétaire qui suscite des inquiétudes

Pour Jean-Marc Calvet, président de l'Association des maires de l'Aveyron, les élus locaux sont habitués à composer avec des contraintes financières.
 
"Le contexte budgétaire tendu, j'ai toujours connu ça, donc on va s'adapter, on va faire avec ce qu'on va nous donner", résume-t-il. Selon lui, la principale force des communes réside dans leur capacité à s'ajuster aux évolutions imposées par les finances publiques. "On n'a pas beaucoup de marge de manœuvre, mais on a une capacité à s'adapter qui est extraordinaire", souligne-t-il.
 
Cette résilience n'empêche toutefois pas certaines frustrations. Les élus s'interrogent notamment sur les mécanismes de compensation mis en place après la suppression de la taxe d'habitation.
 

Le coefficient correcteur dans le viseur des élus

Parmi les sujets les plus sensibles évoqués lors du congrès figure le coefficient correcteur, dispositif destiné à compenser les effets de la disparition progressive de la taxe d'habitation pour les communes.
 
Jean-Marc Calvet estime que ce mécanisme produit des effets difficilement compréhensibles pour les contribuables locaux. Il évoque notamment le cas de propriétaires qui s'acquittent de la taxe foncière dans leur commune mais dont une partie des recettes est redistribuée ailleurs.
 
C'est l'histoire du coefficient correcteur où les propriétaires d'une maison, le propriétaire d'un commerce ou d'une PME paye la taxe foncière. Et de savoir que 30 à 40 % de cette taxe foncière part dans d'autres communes en dehors du département, ça c'est quand même particulier. C'est irritant, c'est scandaleux même, mais c'est l'effet pervers de la suppression de la taxe d'habitation qui n'aurait jamais dû être supprimée.
 
À l'approche d'un nouveau cycle électoral national, les maires aveyronnais semblent donc partagés entre inquiétude face aux incertitudes financières et confiance dans leur capacité à continuer à faire fonctionner les services de proximité malgré des moyens contraints.