Modifié : 19h16 par Tiphaine Coulon avec Baptiste Brouillet

"Même un chien n'en mangerait pas" : les petits fours au tribunal de Rodez

À Rodez (Aveyron), une habitante de Saint-Jean-du-Bruel a comparu pour diffamation et tentative d'escroquerie après un litige avec un traiteur. Particularité de l'affaire : elle avait conservé les petits fours contestés au congélateur pendant un an pour les présenter au tribunal.

Le palais de justice de Rodez (Aveyron)
Le palais de justice de Rodez (Aveyron)
Crédit : Tiphaine Coulon / TOTEM

 

Une affaire pour le moins inhabituelle était examinée ce mercredi 4 novembre 2026 au tribunal judiciaire de Rodez (Aveyron). Au cœur du dossier : un différend commercial opposant un traiteur à une cliente de Saint-Jean-du-Bruel, déçue par une prestation réalisée un an plus tôt.
 
Estimant que les produits livrés ne correspondaient pas à sa commande, cette quinquagénaire avait multiplié les critiques à l'encontre du professionnel sur les réseaux sociaux. Elle avait également entrepris des démarches pour récupérer la somme versée. Ces agissements ont conduit à des poursuites pour diffamation et tentative d'escroquerie.
 

Des petits fours conservés pendant un an

L'audience a pris un tour inattendu lorsque la prévenue s'est présentée avec une petite boîte blanche contenant les fameux petits fours à l'origine du conflit. La cliente les avait conservés au congélateur pendant près d'un an afin de démontrer la mauvaise qualité de la prestation qui lui avait été fournie.
 
Face au tribunal, elle a défendu sa position avec conviction, comparant sa commande à "une Ferrari" qui se serait transformée en "2 CV" au moment de la livraison. Cette démonstration a suscité une certaine surprise dans la salle d'audience, même si la présidente du tribunal a rapidement recentré les échanges sur les faits reprochés.
 

Un affrontement sur le fond du dossier

Au cours des débats, la prévenue a maintenu que les plats reçus ne correspondaient pas à ce qui avait été commandé. Enseignante en économie-gestion, elle a également affirmé que sa tentative de récupérer son argent relevait d'une démarche légale et conforme aux recommandations du ministère de l'Économie.
 
La présidente du tribunal a toutefois confronté cette version à plusieurs témoignages recueillis dans le cadre de l'enquête. Selon ces témoins, les petits fours servis ne présentaient pas les défauts dénoncés par la cliente. Le tribunal s'est également interrogé sur les démarches entreprises pour obtenir le remboursement de la prestation.
 

Relaxe pour la tentative d'escroquerie

À l'issue des débats, la procureure a estimé que le dossier ne contenait pas suffisamment d'éléments pour caractériser une tentative d'escroquerie. Le ministère public a donc demandé la relaxe sur ce volet, une réquisition suivie par le tribunal.
 
À la sortie de l'audience, la quinquagénaire est repartie avec sa boîte de petits fours sous le bras. L'affaire pourrait toutefois se poursuivre sur le terrain commercial, puisqu'elle a indiqué son intention de saisir le tribunal de commerce afin de faire valoir ses droits dans le litige qui l'oppose au traiteur.