Modifié : 18h51 par Tiphaine Coulon avec Stéphane David

Sangliers en Aveyron : chasseurs et agriculteurs unis

Face aux dégâts causés par les sangliers sur les semis en Aveyron, agriculteurs et chasseurs renforcent leur coopération. Des tirs de défense viennent désormais compléter les battues pour tenter de limiter une population toujours très importante.

Sanglier
Sanglier
Crédit : Pxhere.com

Les sangliers continuent de poser de sérieux problèmes aux exploitants agricoles en Aveyron. Après un été marqué par la sécheresse, les animaux cherchent davantage de nourriture et s'attaquent aux parcelles récemment semées. En retournant les terres à la recherche de vers ou de petits rongeurs, ils provoquent des dégâts parfois importants sur les cultures.

 

Haro sur le sanglier en Aveyron
Haro sur le sanglier en Aveyron
Crédit : Stéphane DAVID / TOTEM

La sécheresse a accentué la pression sur les cultures

Pour les agriculteurs, les dégâts observés ces dernières semaines sont directement liés aux conditions météorologiques de l'année. D'après Marie-Amélie Viargues, présidente de la FDSEA de l'Aveyron, les sangliers ont manqué de ressources alimentaires durant l'été en raison de la sécheresse.
 
Avec le retour de l'humidité dans les sols, les animaux investissent les champs fraîchement travaillés. Ils fouillent les parcelles à la recherche de vermine et retournent les semis, compromettant parfois le bon démarrage des cultures. 
 

Les tirs de défense pour compléter les battues

Face à cette pression croissante, les chasseurs et les agriculteurs ont multiplié les échanges. Un constat s'est imposé : les prélèvements réalisés lors des battues, bien qu'importants, ne suffisent plus à contenir la population de sangliers.
 
Le président de la Fédération départementale des chasseurs de l'Aveyron, Jean-Pierre Authier, explique que des "chasses de défense" sur les semis ont été autorisées en complément de la chasse traditionnelle. Ces tirs peuvent être pratiqués quotidiennement dans un cadre réglementé. Ils restent réservés à des chasseurs titulaires du permis de chasse et de l'assurance obligatoire, qu'ils soient agriculteurs ou non.
 
L'objectif est double : protéger les parcelles les plus exposées et réduire localement la présence des animaux avant que les dégâts ne deviennent trop importants.
 

Le piégeage toujours réclamé par les agriculteurs

Si cette mesure est accueillie favorablement par les représentants agricoles, elle ne répond pas à toutes les attentes. Marie-Amélie Viargues estime que d'autres solutions devront être étudiées dans les secteurs les plus touchés.
 
La présidente de la FDSEA évoque notamment la mise en place d'expérimentations de piégeage dans les zones où les dégâts sont qualifiés de catastrophiques. Une demande qui, selon elle, n'a pas encore reçu de réponse pleinement satisfaisante.
 

Une inquiétude persistante pour les prochains mois

À l'approche de l'hiver, les professionnels agricoles restent vigilants. Les cultures récemment implantées demeurent particulièrement vulnérables aux passages répétés des sangliers.