Modifié : 16h11 par Tiphaine Coulon avec Baptiste Brouillet

Médecins juniors : 14 renforts déployés en Aveyron

Les médecins juniors arrivent dans les territoires les plus fragiles d'Aveyron. Depuis ce lundi 2 novembre 2026, 14 futurs médecins généralistes effectuent leur dernière année de formation au plus près des patients, notamment à Decazeville et dans le secteur de Conques-en-Rouergue.

TOTEM

 

Face à la pénurie de médecins généralistes, l'arrivée de médecins juniors est perçue comme une bouffée d'oxygène dans plusieurs territoires d'Occitanie. Depuis ce lundi 2 novembre 2026, 240 médecins juniors, en dernière année d'études de médecine générale, sont déployés dans la région. Parmi eux, 14 exercent désormais en Aveyron.
 
Ces futurs médecins bénéficient d'un statut particulier. Ils peuvent recevoir des patients seuls en consultation et assurer un suivi médical, tout en restant placés sous la supervision d'un médecin maître de stage, joignable à tout moment. Une formule qui vise à répondre aux besoins des habitants dans les secteurs les plus touchés par le manque de praticiens.
 

Les zones les plus fragiles ciblées

Selon Suzanne Fabrègues, directrice de l'Agence Régionale de Santé en Aveyron, le déploiement a été réalisé selon les besoins du territoire. "Sur la répartition, l'ARS a ciblé des territoires qui étaient en besoin", explique-t-elle.
Les médecins juniors ont été affectés dans des zones identifiées comme prioritaires en matière d'accès aux soins. Certaines sont classées en ZIP, pour "zones d'intervention prioritaires", un classement réservé aux secteurs où l'offre médicale est particulièrement fragile. C'est notamment le cas de Decazeville, où trois médecins juniors vont s'installer durant cette année de stage.
 
D'autres communes sont situées dans des secteurs dits "d'action complémentaire", également confrontés à un déficit de praticiens. À Conques-en-Rouergue, un médecin junior doit ainsi renforcer l'offre de soins locale.
 
Au total, cinq médecins juniors issus de la faculté de médecine de Montpellier et neuf provenant de Toulouse ont rejoint l'Aveyron.
 

Une autonomie encadrée pendant un an

Malgré leur appellation de "docteurs juniors", ces étudiants disposent déjà d'une solide expérience. En médecine générale, ils effectuent leur quatrième année d'internat. "Ils reçoivent seuls les patients, ils assurent le suivi des maladies chroniques, des personnes âgées, des soins non programmés", précise Suzanne Fabrègues. Concrètement, ces jeunes praticiens participent au fonctionnement quotidien des cabinets médicaux. Ils prennent en charge les consultations, répondent aux demandes de soins courants et assurent le suivi de nombreux patients.
 
Leur activité reste toutefois encadrée. En cas de doute ou de situation complexe, leur maître de stage conserve la responsabilité médicale et peut intervenir à tout moment.
 
Cette dernière année de formation constitue également une période de découverte des territoires. Les autorités sanitaires espèrent que certains de ces médecins choisiront ensuite de s'installer durablement en Aveyron, contribuant ainsi à réduire les difficultés d'accès aux soins qui touchent de nombreuses communes rurales.