Publié : 21h10 par
Johan Gesrel

« J’avais pas tous ces détails en tête » : l'autopsie de l'horreur aux assises de Montauban

Le procès de Sébastien Bettencourt a repris ce jeudi 9 avril 2026 devant la cour d’assises du Tarn-et-Garonne après une suspension liée à l’hospitalisation de son avocate. Le médecin légiste a détaillé un rapport d’autopsie révélant la violence des faits commis à Lamothe-Capdeville (Tarn-et-Garonne).

Morgane Morin, avocate de Sébastien Bettencourt devant le box de l'accusé.
Morgane Morin, avocate de Sébastien Bettencourt devant le box de l'accusé.
Crédit : Johan Gesrel
Suspendue dans la matinée en raison de l’hospitalisation de l’avocate de l’accusé, Me Morgane Morin, l’audience a repris ce jeudi 9 avril 2026 dans l’après-midi devant la cour d’assises du Tarn-et-Garonne, à Montauban (Tarn-et-Garonne). Sébastien Bettencourt, plombier-chauffagiste de 41 ans, est jugé pour le meurtre de son épouse Isabelle Gabens, ainsi que pour des faits d’actes de barbarie commis la nuit du drame à Lamothe-Capdeville (Tarn-et-Garonne), il y a trois ans, en présence de leurs cinq filles. Mercredi 8 avril 2026, l’accusé a reconnu les faits sans pour autant manifester d’émotion, ni porter un regard vers deux de ses filles venues assister à l’audience. Il continue de plaider une amnésie partielle des événements.
 

Le rapport accablant du médecin légiste sur les actes de torture

Jeudi après-midi, le témoignage du médecin légiste a marqué un tournant dans les débats. Agathe Bascou, médecin légiste à l’hôpital Purpan de Toulouse, a présenté les conclusions de l’autopsie réalisée sur le corps d’Isabelle Gabens. Cinquante-sept lésions traumatiques ont été relevées sur le corps. Deux plaies profondes de quatre centimètres au niveau de la poitrine, ayant atteint le cœur et le poumon, correspondent aux coups portés avec un couteau de cuisine. « On a besoin d’une certaine force pour arriver à ce niveau de profondeur », a précisé Agathe Bascou, médecin légiste.
 
Cette arme, ensanglantée, était encore dans la main de l’accusé lorsqu’il est entré dans la chambre de l’une de ses filles avant de prendre la fuite. Un couteau retrouvé plus tard dans le fourgon du plombier-chauffagiste.
 
Agathe Bascou poursuit son rapport : des traces de strangulation et de multiples ecchymoses partout sur le corps ont été relevées et puis l’indicible. Treize plaies situées au niveau de la sphère génito-anale. Interrogée par Marie Leclair, présidente de la cour d’assises, la médecin a expliqué : « Ce n’est pas fréquent. C’est comme si les tissus avaient été explosés pour permettre une pénétration ». À la question de la présidente sur la compatibilité de ces blessures avec des mouvements répétés de bras ou de poing, la réponse est sans ambiguïté : « Oui ».
 
Selon le médecin légiste, ces blessures ont entraîné une hémorragie massive. Me Fabien Arakélian, avocat de la famille d’Isabelle Gabens, demande si ces plaies pouvaient être à l’origine de la mort. « Oui, il s’agit d’une perforation du vagin et du rectum provoquant une hémorragie. C’est une urgence vitale », répond Agathe Bascou.
 

Une photo du corps d'Isabelle projetée durant l'audience

L'émotion est à son comble lorsque la présidente décide de diffuser la photo prise par le pompier intervenu en premier dans la chambre familiale lorsqu'il découvre le corps d'Isabelle déjà décédée. La grand-mère Michèle Gabens et ses deux petites-filles sortent tout comme les oncles. Sur l'écran apparaît Isabelle, le visage tuméfié, une plaie ouverte sous son sein gauche. Un silence parcourt la salle d'audience.

Devant l’insoutenable, l’accusé Sébastien Bettencourt continue de plaider l’amnésie avec toujours ce même ton détaché, absent : « Une grosse partie des actes décrits, je n’en ai pas mémoire » dit-il. « J’avais pas tous ces détails en tête », avant de se rasseoir sans jamais adresser un seul regard vers la salle dans laquelle ses deux filles aînées et la famille d’Isabelle sont depuis revenus pour écouter avec dignité. Le verdict des jurés est attendu pour le lundi 13 avril 2026.