Publié : 8 avril 2026 à 23h28 par
Johan Gesrel
"Pas un regard pour ses filles" : le père jugé pour meurtre et barbarie sur son épouse à Montauban
Ce mercredi 8 avril 2026, à Montauban, Sébastien Bettencourt a reconnu l’intégralité des faits au premier jour de son procès devant la cour d’assises du Tarn-et-Garonne. Il est jugé pour le meurtre de son épouse Isabelle, avec actes de torture et de barbarie, commis le 13 mars 2023 à Lamothe-Capdeville (Tarn-et-Garonne). Son attitude passive et sans égard pour ses filles présentes dans la salle ont surpris les parties civiles.
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Me Arakelian et Me Gourdet avocats des parents et frères d'Isabelle Gabens.
Crédit : Johan Gesrel
Ce mercredi 8 avril 2026, devant la cour d’assises du Tarn-et-Garonne, Sébastien Bettencourt, 41 ans, a donc reconnu avoir tué son épouse Isabelle Bettencourt, lors de l’ouverture de son procès à Montauban. Après la lecture de l’ordonnance de mise en accusation par la présidente Marie Leclair, l’électricien chauffagiste a déclaré : « Je reconnais tout », sans livrer davantage d’explications sur le déroulé de cette nuit d'horreur du lundi 13 mars 2023 à Lamothe-Capdeville (Tarn-et-Garonne). Au cours de l'audience, l'accusé a plusieurs fois présenté ses excuses à ses beaux-parents sans jamais élever la voix ni exprimer la moindre émotion, le visage souvent renfermé sur lui-même, le regard fixé au sol.
Isabelle Bettencourt, mère de cinq filles âgées de 4 à 14 ans à l’époque, a été retrouvée morte dans la chambre parentale. L’autopsie a mis en évidence une strangulation, deux plaies par arme blanche au thorax ainsi que de graves lésions vaginales et anales. La mort serait due à une hémorragie massive associée à une asphyxie.
Une reconnaissance sans explications
Le couple était sur le point de divorcer et Isabelle avait des vues sur l'associé du plombier chauffagiste. L'énergéticienne prenait aussi de plus en plus confiance en elle, perdant du poids après ses cinq grossesses et menant bon train ses affaires professionnelles. Dans les mois qui ont précédé le drame, Sébastien Bettencourt travaillait de nuit pour gagner un meilleur salaire et subvenir aux besoins de cette grande famille. Il se montrait aussi de plus en plus fatigué selon ses anciens collègues interrogés. Doté d'une personnalité effacée, il évitait au maximum les conflits. « C'était même sa spécialité », a confié sa mère, entendue mercredi. « Je pense qu'il était renfermé comme une cocotte-minute, à bout physiquement et psychiquement », a-t-elle également confié.
Tout au long de l’instruction, l’accusé a évoqué une amnésie partielle, affirmant s’être « réveillé » alors qu’il étranglait déjà son épouse. Une version qui interroge la cour et les jurés, notamment au regard du témoignage des enfants. Certaines ont indiqué avoir entendu une dispute vers 4 heures du matin, puis la phrase « Repose en paix ».
Tout au long de l’instruction, l’accusé a évoqué une amnésie partielle, affirmant s’être « réveillé » alors qu’il étranglait déjà son épouse. Une version qui interroge la cour et les jurés, notamment au regard du témoignage des enfants. Certaines ont indiqué avoir entendu une dispute vers 4 heures du matin, puis la phrase « Repose en paix ».
Selon les enquêteurs, ce sont les deux filles aînées qui ont découvert le corps de leur mère au matin, après avoir remarqué des traces de sang dans le couloir. Sébastien Bettencourt a été retrouvé plus tard dans la matinée, prostré dans le coffre de son véhicule, couvert de sang, à proximité d’un couteau. Les tests d’alcoolémie et de stupéfiants se sont révélés négatifs.
La petite musique du "somnambulisme" qui ne passe pas
Pour les parties civiles, les excuses présentées par l’accusé manquent de sincérité. Fabien Arakélian, avocat de la famille de la victime, déclare : « Il reconnaît les faits sans nous donner de détails. Mes clients n’attendent rien de ses excuses. La justice doit passer. »
La défense a insisté sur d’éventuels épisodes de somnambulisme durant l’adolescence de l’accusé. Un argument rejeté par les experts. Valérie Durand, avocate représentant les cinq filles du couple, précise : « Les expertises ont écarté toute altération ou abolition du discernement. Son comportement après les faits était rationnel. »
Sandrine Bouchait la présidente de l’Union Nationale des familles de féminicide qui assiste au procès s'agace de cet argument mis en avant lors de l'enquête de personnalité : « On va nous mettre ça sur le fait de d'une crise de somnambulisme qui a mal tourné. On le voit se dessiner gros comme une maison. Il y a toujours une excellente excuse pour expliquer que le pauvre a commis un acte qui dépassait sa pensée. On savait que ça allait être très dur. Là, on découvre l'ampleur des dégâts. »
Des filles dans l'attente d'un regard qui ne viendra pas
Présentes à l’audience, les deux filles aînées de l’accusé n'ont pas pris la parole ce mercredi et ne devraient pas la prendre dans l'immédiat. Leur avocate Me Durand constate une attitude passive de Sébastien Bettencourt : « Il est à côté de son procès. Il a très peu de réactions. Pas un regard en direction de ses filles. Ça m'a beaucoup interpellée, alors même que la plus jeune des deux qui était à l'audience a eu beaucoup de mal à décrocher le regard de son père pendant la première demi-heure lorsqu'il est entré dans la salle. Elle était rivée sur lui, et à aucun moment, il n'a levé les yeux vers ses filles. Il a des réponses plaquées. Il n'y a pas beaucoup d'émotions dans ses excuses. »
Les enfants, aujourd’hui élevées par leur grand-mère maternelle à Lamothe-Capdeville (Tarn-et-Garonne), espèrent désormais obtenir des réponses sur l’élément déclencheur de cette violence extrême.
Le verdict de la cour d’assises du Tarn-et-Garonne est attendu le lundi 13 avril 2026. Sébastien Bettencourt encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
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