Publié : 17h42 par
Johan Gesrel

Crash du Rio-Paris : Airbus et Air France condamnés 16 ans après la mort de Virginie Mommayou

Ce jeudi 21 mai 2026, la cour d’appel de Paris a condamné Air France et Airbus pour homicides involontaires dans le crash du vol Rio-Paris de 2009. L’accident avait fait 228 morts, dont deux femmes originaires du Lot et du Tarn-et-Garonne. Airbus va se pourvoir en cassation. L'avocat de la famille Mommayou réagit sur TOTEM.

Michel Mommayou et son avocat Jean-Lou Lévi. En encadré : Virginie Mommayou.
Michel Mommayou et son avocat Jean-Lou Lévi. En encadré : Virginie Mommayou.
Crédit : Johan Gesrel
La justice a tranché. Ce jeudi 21 mai 2026, la cour d’appel de Paris a déclaré Air France et Airbus coupables d’homicides involontaires dans le dossier du crash du vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris. Les deux entreprises ont été condamnées à la peine maximale prévue pour une personne morale, soit 225.000 euros d’amende chacune. L’accident, survenu dans la nuit du 1er juin 2009, reste le plus meurtrier de l’aviation française. L’Airbus A330 s’était abîmé dans l’océan Atlantique, causant la mort de 216 passagers et 12 membres d’équipage. Parmi les victimes figuraient notamment Laëtitia Alazard, originaire du Lot, et Virginie Mommayou, Tarn-et-Garonnaise, dont la famille a suivi l’ensemble de la procédure judiciaire.
 

Une attente judiciaire de seize ans

Pour les proches des victimes, cette décision marque une étape importante dans ce long parcours judiciaire. Jean-Lou Lévi, avocat du père et des sœurs de Virginie Mommayou, a réagi au micro de TOTEM : « La décision de la cour d’appel de Paris m’apparaît conforme aux règles juridiques et au déroulé des débats. Il est simplement malheureux qu’il ait fallu seize ans pour arriver à ce résultat ».

L’avocat a également rappelé le poids de cette attente : « Tant que la procédure n’est pas terminée, vous ne pouvez pas faire votre deuil. Des familles ont attendu seize ans pour pouvoir tourner la page ». La cour a estimé qu’Air France avait failli dans la formation de ses pilotes, notamment face aux situations de givrage des sondes Pitot, chargées de mesurer la vitesse de l’appareil. Airbus, de son côté, a été reconnu coupable d’avoir sous-estimé la gravité des défaillances de ces sondes et d’avoir tardé à alerter les compagnies aériennes.
 

Une condamnation symbolique mais lourde de sens

Lors du premier procès, en 2023, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé pénalement les deux groupes, tout en reconnaissant leur responsabilité civile. En appel, le ministère public a opéré un revirement et requis leur condamnation. Pour le parquet général, les fautes des deux sociétés sont « caractérisées » et ont contribué de manière certaine au crash.
 
Airbus a annoncé dès ce jeudi 21 mai 2026 son intention de se pourvoir en cassation. Air France, de son côté, continue de contester toute responsabilité pénale, mettant en avant les facteurs humains et les décisions prises par l’équipage dans une situation d’urgence extrême. Cette condamnation, essentiellement symbolique sur le plan financier, marque toutefois un tournant judiciaire et mémoriel pour les familles des victimes, notamment dans les territoires du Lot et du Tarn-et-Garonne, profondément touchés par ce drame.