L’enseigne d’articles de sport Décathlon à Montauban (Tarn-et-Garonne) fait l’objet d’une plainte déposée par l’association de défense animale
Projet Animaux Zoopolis. En cause : la vente de poissons vivants destinés à
la pêche au vif, notamment pour
la pêche au brochet, une pratique autorisée en France mais strictement encadrée par la réglementation.
Selon l’association, le magasin poursuivrait cette activité sans disposer des autorisations préfectorales obligatoires pour la vente d’animaux non domestiques. Une situation jugée illégale et dénoncée auprès de la justice.
Une vente autorisée mais encadrée par la loi
Pour vendre des poissons vivants issus d’élevage mais considérés comme non domestiques, deux documents sont requis : un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture délivrés par la préfecture. « Ces documents sont indispensables dès lors qu’il y a une vente d’animaux non domestiques », rappelle Amandine Sanvisens, cofondatrice de Projet Animaux Zoopolis, interrogée par TOTEM. L’association affirme que Décathlon Montauban ne dispose pas de ces autorisations, une information qui aurait été confirmée lors d’échanges avec le ministère de la Transition écologique. Une plainte a été déposée le mardi 12 août 2025 auprès du tribunal judiciaire de Montauban.
« Une pratique cruelle envers les animaux »
Au-delà de l’aspect réglementaire, l’association dénonce une pratique qu’elle juge contraire à la condition animale. « La pêche au vif consiste à planter un hameçon dans le dos ou la bouche d’un poisson vivant pour en attraper un autre. Il y a aujourd’hui un consensus scientifique sur le fait que les poissons ressentent la douleur », insiste Amandine Sanvisens, cofondatrice de Projet Animaux Zoopolis. Selon l’association, de nombreux magasins Décathlon en France ont cessé cette vente. « En 2019, 67 % des magasins de l’enseigne vendaient encore des poissons vivants. En 2025, ils n’étaient plus que 53, soit environ 16 % du parc national, dont le magasin de Montauban. »
L’association PAZ demande la suspension immédiate de la vente et appelle
la préfecture du Tarn-et-Garonne à ne pas délivrer d’autorisation, estimant que l’expérience professionnelle exigée repose sur des années de pratiques non conformes. Parallèlement à la procédure judiciaire,
une pétition citoyenne a été lancée et rassemble plus de 33 000 signatures. De nouvelles actions de sensibilisation pourraient également être organisées dans les prochains mois devant le magasin prévient PAZ.
La réponse de Decathlon...
Sollicitée par TOTEM, l'enseigne Decathlon a émis un communiqué tout en esquivant la question de la certification :
"Depuis plusieurs années, Decathlon est engagé dans la recherche, le développement et la vente de leurres de haute qualité, offrant des alternatives de plus en plus efficaces à la pratique traditionnelle de la pêche aux vifs. Respectant la liberté de choix de nos clients, nous les informons sur les avantages environnementaux des leurres et les encourageons à envisager ces options dans le cadre de leurs activités de pêche. Pour être durablement ancrée dans les pratiques, nous sommes convaincus que cette transition requiert une approche progressive et pédagogique."
...et celle de la Préfecture de Tarn-et-Garonne
Contactée par la rédaction, la préfecture de TOTEM confirme avoir reçu un dossier de certification qui n'est pas encore validé à date du mercredi 20 mai 2026 :
"Il a été rappelé à l’exploitant les procédures à suivre afin de se mettre en conformité avec la réglementation applicable, dans le cadre d’une instruction datant de décembre 2025. Le magasin a depuis déposé un dossier auprès des services compétents, son instruction est en cours. Une commission ad hoc (CDNPS) sera réunie en 2026 afin d'examiner les dossiers concernés et de se prononcer sur la délivrance, ou non, des autorisations requises."