Publié : 6 avril 2026 à 23h14 par
Johan Gesrel
« Nos vies sont brisées, celles des enfants aussi » : un terrible féminicide jugé aux assises de Montauban
Le procès du féminicide d’Isabelle Gabens s’ouvre ce mercredi 8 avril 2026 devant la cour d’assises de Montauban (Tarn-et-Garonne). La jeune femme de 36 ans avait été tuée par son mari à Lamothe-Capdeville (Tarn-et-Garonne) dans la nuit du 13 mars 2023. Sa mère Michèle désormais en charge des cinq filles du couple, témoigne sur TOTEM.
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Michèle Gabens viendra avec le portrait de sa fille Isabelle durant le procès.
Crédit : Sébastien Claret - Famille Gabens.
Le féminicide d’Isabelle Gabens est jugé cette semaine devant la cour d’assises de Montauban (Tarn-et-Garonne). Le procès s’ouvre ce mercredi 8 avril 2026 et le verdict est attendu lundi 13 avril 2026. Les faits remontent à la nuit du 13 mars 2023, dans la commune de Lamothe-Capdeville (Tarn-et-Garonne). La jeune femme, âgée de 36 ans, avait été tuée par son mari au domicile familial.
L’accusé comparaît pour meurtre et actes de torture à caractère sexuel. Selon le chef d’accusation, Isabelle Gabens aurait été étranglée puis poignardée. L’homme a partiellement reconnu les faits au cours de l’instruction. Deux des cinq filles du couple, les aînées, seront présentes à l’audience ce mercredi, accompagnées de leurs administrateurs ad hoc et de leurs avocats.
« Je suis devenue tutrice de mes cinq petites-filles »
Depuis le drame, les cinq filles d’Isabelle Gabens, âgées de 4 à 14 ans au moment des faits, vivent sous la garde de leur grand-mère maternelle, Michèle Gabens : « Après le féminicide de ma fille, je suis devenue tutrice de mes cinq petites-filles. Je me suis sentie totalement démunie pour faire face à tous les frais, à tout ce dont elles avaient besoin. » Lorsque le drame survient, elle doit réorganiser entièrement sa vie : « Je venais de prendre ma retraite dans la Creuse, je pensais enfin me poser. Et puis le drame est arrivé. Il a fallu tout revoir », confie-t-elle au micro de TOTEM.
Face aux besoins matériels, scolaires et psychologiques des enfants, une association est créée le 25 novembre 2023, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Baptisée Manel, elle reprend les premières lettres des prénoms des filles : Mélina, Analia, Nessa, Evea et Lila.
« Cette association, elle a été créée vraiment pour elles, pour leurs besoins », explique Michèle Gabens qui préside la structure.
« Cette association, elle a été créée vraiment pour elles, pour leurs besoins », explique Michèle Gabens qui préside la structure.
Une association née du manque de reconnaissance
L’association Manel fonctionne principalement grâce aux dons et à la solidarité locale. Elle permet notamment de financer le suivi psychologique des enfants, toujours en cours trois ans après les faits. « Cinq enfants avec des séances de psychologue, ça fait trois ans et on continue. Sans l’association, ce serait impossible », souligne Michèle Gabens.
Elle dénonce surtout l’absence de statut pour les enfants victimes de féminicide : « Le père est en prison, elles sont orphelines, mais elles ne sont pas reconnues pupilles de l’État. Elles n’ont aucun statut », insiste-t-elle. « On m’a même dit que je n’avais qu’à les placer. Mais moi, je n’aurais pas pu vivre en les plaçant », ajoute-t-elle.
Un court-métrage a également été réalisé le 13 avril 2024 pour alerter sur les conséquences des féminicides pour les enfants. « Le parcours administratif et judiciaire est extrêmement compliqué. Les enfants de féminicide ne sont pas reconnus », déplore Michèle Gabens.
« Isabelle rayonnait »
À la veille du procès, la mère d’Isabelle souhaite aussi rappeler qui était sa fille. « Isabelle, c’était mon cadeau du ciel. Elle rayonnait. Elle était très avenante, très à l’écoute, une maman patiente et aimante », raconte Michèle Gabens, mère de la victime. Esthéticienne de formation, Isabelle Gabens s’était reconvertie comme énergéticienne et avait développé une clientèle fidèle. « Elle a aidé énormément de personnes. Même aujourd’hui, des gens de Belgique ou d’ailleurs nous soutiennent », souligne-t-elle.
Concernant le drame, Michèle Gabens affirme n’avoir rien vu venir. « Le divorce allait se prononcer. Il n’a pas supporté qu’elle le quitte. Comme dans presque tous les féminicides », affirme-t-elle. Avec le recul, elle évoque toutefois une emprise psychologique. « Ce sont des violences qui ne se voient pas. On croit toujours que ça arrive chez les autres », confie-t-elle.
« Il y a un féminicide tous les trois jours. Et pourtant, rien ne bouge »
Au-delà du verdict, Michèle Gabens attend de ce procès un message fort. « Que la justice soit rendue pour Isabelle, mais aussi pour tous les féminicides », déclare-t-elle. « Il y a environ un féminicide tous les trois jours. Et pourtant, rien ne bouge », poursuit-elle. Deux associations nationales de lutte contre les féminicides seront présentes aux audiences. « Il faut reconnaître les signes avant-coureurs, prendre ces situations au sérieux et surtout reconnaître les enfants », conclut Michèle Gabens.
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