Modifié : 18h15 par
Johan Gesrel

Tarn-et-Garonne : l'agriculteur qui avait tiré en l'air pour faire fuir un intrus dispensé de peine

Convoqué devant une déléguée du procureur ce jeudi 1er octobre 2026, l'arboriculteur Yvon Sarraute a finalement été dispensé de peine. Cette figure du monde agricole de Meauzac (Tarn-et-Garonne) était poursuivie après avoir tiré deux coups de fusil en l'air pour éloigner un véhicule suspect aperçu près de son exploitation.

Yvon Sarraute, pommiculteur à Meauzac
Yvon Sarraute, pommiculteur à Meauzac
Crédit : Johan Gesrel
L'affaire avait suscité de nombreuses réactions dans le monde agricole tarn-et-garonnais ces dernières semaines. Ce jeudi 1er octobre 2026, Yvon Sarraute, arboriculteur retraité de Meauzac (Tarn-et-Garonne), a été reçu par une déléguée du procureur dans le cadre d'une procédure engagée après des faits survenus dans la nuit du 1er mai dernier. À l'issue de cet entretien judiciaire qui a duré une demie-heure, l'agriculteur est ressorti le sourire aux lèvres : il a été dispensé de peine. "On m'a simplement dit de ne plus recommencer", rapporte Yvon Sarraute, visiblement ému. Une décision accueillie avec soulagement par ses soutiens de la FDSEA.
 
Selon les éléments qu'il avait confiés à TOTEM avant sa convocation, les faits remontent à environ 2 heures du matin. Alerté par la présence d'une fourgonnette stationnée, phares éteints, à proximité de cuves de carburant sur son exploitation, Yvon Sarraute, 79 ans, avait alors saisi son fusil de chasse détenu légalemen : "J'ai fait une méthode d'effarouchement. J'ai tiré un premier coup de fusil en l'air, puis un second parce que la voiture ne bougeait pas", déclarait-il à TOTEM.
 

Une mobilisation de soutien devant le tribunal

L'affaire avait pris une tournure judiciaire après le dépôt d'une plainte par une personne présente sur les lieux au moment des tirs. Cette dernière affirmait avoir été effrayée par les coups de feu. Yvon Sarraute avait toujours assuré n'avoir visé personne et avoir seulement voulu éviter toute confrontation. "Vous ne savez jamais combien ils sont, ni avec quoi ils sont équipés. J'étais seul et je ne voulais pas prendre de risques", avait-il expliqué.
 
Ce jeudi après-midi, une poignée d'agriculteurs s'est réunie devant le tribunal pour lui témoigner son soutien. Pour nombre d'entre eux, cette affaire pose plus largement la question de la sécurité dans les exploitations agricoles et des moyens dont disposent les agriculteurs face aux intrusions : "Moi si ça m'arrive, je laisserai les voleurs rentrer sinon je risque aussi d'être convoqué en justice comme Yvon", se lamente un exploitant retraité de Monclar-de-Quercy. 
 
Président du Cefel et représentant de l'Anefa 82, Yvon Sarraute est une personnalité connue du monde agricole local. Son dossier avait été largement commenté dans les campagnes tarn-et-garonnaises, où plusieurs exploitants évoquent régulièrement des faits de vols de carburant, de batteries ou encore de matériel agricole comme les GPS. Avec cette dispense de peine prononcée ce jeudi 1er octobre 2026, le volet judiciaire de cette affaire se conclut sans sanction pour l'arboriculteur de Meauzac.