Modifié : 4 septembre 2026 à 13h44 par
Johan Gesrel

EXCLUSIF - Convoqué en justice après deux tirs en l'air, l'arboriculteur livre sa vérité

L'arboriculteur Yvon Sarraute, figure du monde agricole tarn-et-garonnais, sera reçu par un délégué du procureur le 1er octobre prochain après avoir tiré deux coups de fusil en l'air pour éloigner un véhicule suspect près de ses cuves de carburant. Il témoigne en exclusivité sur TOTEM.

Yvon Sarraute sur son exploitation à Meauzac (Tarn-et-Garonne).
Yvon Sarraute sur son exploitation à Meauzac (Tarn-et-Garonne).
Crédit : Johan GESREL

 

Le dossier suscite de nombreuses réactions dans le monde agricole tarn-et-garonnais. Âgé de 79 ans, Yvon Sarraute, arboriculteur à la retraite installé à Meauzac (Tarn-et-Garonne), également président du Centre Expérimentation Fruits et Légumes (Cefel) et représentant de l'Anefa 82, devra répondre de ses actes devant un délégué du procureur de la République le jeudi 1er octobre 2026.
 
Les faits remontent à la nuit du vendredi 1er mai 2026. Selon son récit, un chauffeur revenant sur l'exploitation vers 2 heures du matin l'alerte de la présence d'une fourgonnette stationnés, phares éteints, à proximité des cuves de carburant. L'agriculteur explique avoir alors saisi son fusil de chasse, déclaré et détenu légalement, et tiré deux coups en l'air. « J'ai fait une méthode d'effarouchement. J'ai tiré un premier coup de fusil en l'air, puis un second parce que la voiture ne bougeait pas. Dans les hangars nous avons le gasoil, mais nous avons aussi des produits phytosanitaires, nous avons de l'élevage avec des chêvres, il y a des GPS sur les tracteurs », raconte Yvon Sarraute. Selon lui, il souhaitait éviter toute confrontation directe avec les occupants du véhicule. « Vous ne savez jamais combien ils sont, ni avec quoi ils sont équipés. J'étais seul et je ne voulais pas prendre de risques », affirme-t-il.
 

Une plainte déposée par la personne présente sur l'exploitation

L'affaire prend ensuite une tournure judiciaire. Toujours selon Yvon Sarraute, la personne présente ce soir-là aurait contacté les forces de l'ordre en affirmant avoir eu peur après les tirs. « Cette personne a porté plainte contre moi parce qu'elle a eu peur. Pourtant, à 2 heures du matin, elle n'avait rien à faire sur mon exploitation », estime l'arboriculteur. Contrairement à certaines informations relayées localement, Yvon Sarraute affirme ne pas avoir perdu son permis de chasse. Il indique également avoir récupéré son fusil de calibre 12 après les vérifications menées dans le cadre de l'enquête.
 

« Quelle solution reste-t-il aux agriculteurs ? »

Au-delà de sa situation personnelle, Yvon Sarraute dit s'interroger sur les moyens dont disposent les exploitants agricoles face aux vols ou aux intrusions. Il évoque des vols de carburant, de batteries ou encore de matériel agricole régulièrement signalés dans les campagnes. Plus récemment, il affirme avoir constaté la présence d'une personne en train de récolter des kiwis avant leur maturité sur une exploitation. « Quelle est la méthode qu'il faut appliquer si cela se reproduit ? Quelle solution ont les agriculteurs pour se protéger des vols de carburant ou des dégradations ? », questionne Yvon Sarraute.
 
L'arboriculteur reconnaît également ne pas avoir déposé plainte pour intrusion après les faits, une décision qu'il regrette aujourd'hui. « Je l'ai pris à la légère. Peut-être que je peux le payer cher », admet-il. Soutenu par une partie du monde agricole, il assure vouloir désormais laisser la justice suivre son cours. « Je pense qu'elle sera clémente parce que je n'ai fait de mal à personne », conclut-il en attendant son rendez-vous judiciaire du 1er octobre 2026.
 
La rédaction de TOTEM a tenté de joindre sans succès la personne qui se considère victime dans cette affaire afin d'obtenir sa version des faits.