Modifié : 18h27 par
Johan Gesrel

Montauban : un tir de mortier et deux interpellations en marge de la manifestation pour la fonction publique

Ce mardi 29 septembre 2026, la journée de grève et de manifestation dans la fonction publique à Montauban (Tarn-et-Garonne) a été marquée par l'interpellation de deux lycéens. Malgré ces incidents, entre 600 et 900 personnes ont défilé pour défendre les services publics.

Une centaine de lycéens ont pris la tête du cortège syndicale à Montauban.
Une centaine de lycéens ont pris la tête du cortège syndicale à Montauban.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM

La mobilisation de la fonction publique a rassemblé entre 600 et 900 manifestants ce mardi 29 septembre 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne). Cette journée de grève a toutefois été marquée par deux interpellations de lycéens. Le premier lycéen a été appréhendé dans la matinée lors d'un rassemblement devant le lycée Bourdelle après un tir de mortier. Le second a été interpellé par les forces de l'ordre en fin de manifestation dans le centre-ville, du côté de la rue de la Résistance. 
 
Par ailleurs, un feu de poubelle a été rapidement éteint par les sapeurs-pompiers en début d'après-midi. L'incident n'a pas perturbé l'accès à l'établissement scolaire. Hormis ces événements, le cortège s'est déroulé sans aucun incident majeur. Les manifestants ont observé plusieurs haltes devant différents services publics afin de mettre en avant leurs revendications.
 

Carburant, manque de moyens humains...

Parmi les participants figurait Delphine, aide à domicile depuis quatorze ans dans la fonction publique. Venue manifester avec une collègue, elle souhaitait alerter sur les conditions d'exercice de son métier. "Le manque de personnel, le carburant, les frais de déplacement qui ne sont pas pris en charge à 100 %. Le manque de reconnaissance. Ce n'est pas que les aides à domicile, il y aussi les infirmières, les kinés qui viennent avec leur voiture et qui sont touchés."
 
Les enseignants étaient particulièrement nombreux dans le défilé. Marc, professeur au lycée de Valence-d'Agen, estime que la baisse du nombre d'élèves devrait permettre d'améliorer l'encadrement scolaire plutôt que de réduire les effectifs, surtout après la publication de l'étude Pisa : "C'est vrai qu'on est dans un moment où avec les décrues démographiques, on aurait la possibilité que les classes soient plus légères, sauf que le gouvernement a supprimé 4 000 emplois l'an dernier. On passe à côté d'une occasion de faire du meilleur travail."
 

ASH : "il y a plein de questions humaines et ça, l'ordinateur ne le fait pas"

Parmi les manifestants, il y avait les agents des services hospitaliers chargés du nettoyage et de l'entretien de l’hôpital de Montauban. Actuellement en grève pour une durée illimitée, ils dénoncent un projet d'extension de leurs surfaces de nettoyage à effectif constant. Kévin travaille à l’hôpital depuis 22 ans :

 

"Nous notre premier objectif c'est qu'il n'y ait pas de maladie nosocomiale. Le directeur des soins nous sort des protocoles avec un logiciel qui nous sort des 0,38 ou des 0,69... Moi je ne comprends pas parce que moi je suis une personne donc je suis 1-2-3- ou 4 donc c'est des chiffres entiers. Lui il nous sort des proportions, il a enlevé l'humain. Quand je vais dans la chambre de Roger, il y a Roger au milieu de la chambre. Ce n'est pas trois minutes parce qu'il y a 4 mètres carrés à nettoyer. Roger, il a besoin d'eau, il demande à ouvrir les volets, il me demande des nouvelles de sa femme. Il y a plein de questions humaines et ça, l'ordinateur ne le fait pas. "

 


Les difficultés rencontrées dans les établissements pour personnes âgées ont également été évoquées. Fabienne Cherruault, déléguée CGT, a rappelé les tensions observées durant l'été lors des épisodes de forte chaleur comme aux Jardins d'Emilie à Caussade où elle exerce : "Dans les chambres, il y avait des températures jusqu'à 35°. Un manque de personnel, beaucoup de contractuels vacataires, des agents devant accompagner trois parfois quatre personnes. Donc c'est tout simplement mission impossible."
 
Au même moment, plusieurs délégations de policiers et de pompiers du Tarn-et-Garonne participaient à une mobilisation nationale à Paris afin de faire entendre leurs propres revendications. À 200 jours de l'élection présidentielle, cette journée de mobilisation a également pris une dimension politique pour les organisations syndicales.