Modifié : 22 septembre 2026 à 6h11 par Joëlle Mège avec FP

Soins dentaires : les patients bientôt moins remboursés

Les dentistes redoutent un recul de l'accès aux soins. Un décret adopté cet été prévoit de réduire de 10 % la prise en charge de certains soins dentaires par l'Assurance maladie à partir de 2027.

dentiste
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Crédit : pxhere.com

Un décret adopté durant l'été prévoit de diminuer de 10 % le remboursement de certains soins dentaires par l'Assurance maladie à partir de 2027. Cette décision inquiète fortement les chirurgiens-dentistes, qui redoutent un report du coût des soins vers les complémentaires santé et les patients. Pour la profession, cette évolution pourrait compliquer davantage l'accès aux soins, notamment pour les ménages les plus fragiles financièrement.

 

L'Union dentaire a décidé de contester cette mesure. Elle a déposé un recours devant le Conseil d'État et lancé une pétition en ligne afin d'obtenir son annulation. Pour Nicolas Riol, représentant de l'Union dentaire en Auvergne, les conséquences pourraient être multiples :

"Le ticket modérateur va être relevé à 50 voire 60 %. Donc on a un véritable désengagement de la sécurité sociale avec un transfert du financement des soins vers les complémentaires et donc potentiellement vers les assurés. On va forcément constater encore une fois une augmentation du coût des mutuelles."

Selon lui, cette situation risque d'encourager certains patients à renoncer à leur couverture complémentaire ou à choisir des contrats moins protecteurs.

"On voit tous les jours au cabinet de plus en plus de patients qui renoncent à avoir une mutuelle et donc forcément un renoncement aux soins dentaires. Et puis d'un autre côté, on a des mutuelles qui proposent des contrats de plus en plus petits pour rester abordables et donc avec une baisse des couvertures pour les patients."

 

Le risque d'un recul de l'accès aux soins

L'Union dentaire s'appuie sur des chiffres déjà préoccupants. En 2022, selon l'organisation, 5 % des moins de 16 ans en Auvergne ont renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières. Ce taux dépassait 8 % dans les familles les plus modestes. Pour les représentants de la profession, une augmentation du reste à charge pourrait accentuer ces inégalités et éloigner davantage certains patients des cabinets dentaires. Au-delà du décret, les dentistes réclament une réflexion plus large sur la santé bucco-dentaire en France.

"On demande une évaluation de l'impact de ce décret sur le renoncement aux soins dentaires. Et puis surtout, au fur et à mesure, on considère que les soins dentaires sont à chaque fois une variable d'ajustement du budget de la sécurité sociale."

L'Union dentaire souhaite la mise en place d'une véritable stratégie nationale fondée sur la prévention, la prise en charge précoce et l'organisation du système de soins, plutôt qu'une augmentation du reste à charge pour les patients.