Modifié : 17 septembre 2026 à 13h11 par
Hélène Gosselin - Journaliste

S. Potrich, ancien gilet jaune lozérien : "On va vers des soulèvements de population, c'est inévitable"

Il avait fait le trajet à pied jusqu'à Paris en 2018, aujourd'hui Sébastien Potrich réagit à l'annonce d'un possible tour des gilets jaunes le 17 octobre.

Les gilets jaunes vont-ils redescendre dans les rues ?
Les gilets jaunes vont-ils redescendre dans les rues ?
Crédit : Jiròni Picas Wikipedia

Le gilets jaunes seraient de retour. Un appel à mobilisation serait lancé pour le 17 octobre. C'est ce que l'on peut lire sur les réseaux sociaux et dans les médias depuis quelques jours. Pourtant pour l'instant, aucun auteur n'a été identifié, de cet appel à manifester.

Un facteur qui n'étonne pas Sébastien Potrich. En 2018, il était parti de Lozère pour rallier Paris, le gilet jaune sur le dos, avec trois autres manifestants : "Au moment des gilets jaunes, on ne savait pas trop d'où ça venait non plus. Même nous les gilets jaunes à l'époque, rappelle-t-il. Qu'on ne sache pas non plus aujourd'hui d'où ça vient et qu'on ne soit pas sûr que ce soit les mêmes, ça me paraît complètement logique". Pour lui ces mouvements populaires et spontanées sont inévitables dans les années à venir. "Le problème reste le même qu'il y a 10 ans, il est même pire et il va être encore pire dans 10 ans". Répartition des richesses, quantité d'énergie consommée, marchés financiers, dérèglement écologique et économique... "on arrive forcément vers des soulèvements de population". 

 

"J'ai vite compris que la finance on n'y toucherait pas"

Pour Sébastien Potrich, pas question de retourner sur les rond-points, mais il n'exclut pas de participer à des mouvements d'éducation populaire et de réflexions communes.

En 2018, j'étais allé sur les ronds-points pour voir ce qu'était ce mouvement parce qu'on n'avait pas de visibilité depuis nos canapés. Sur celui de Mende, j'ai trouvé des gens très intéressants et j'ai très vite compris que rester sur un rond-point c'était faire une révolution mais qui tournait en rond. C'est pour ça que j'avais initié cette marche sur Paris et après j'étais monté au Luxembourg. J'ai compris que la finance on n'y toucherait pas. Déjà sur les ronds-points on avait vite compris que dès qu'on s'attaquait à Super U on avait les CRS au cul. Moi aujourd'hui retourner sur un rond-point c'est sûr que non. Après s'il y a des groupes de la politique à taille humaine de l'éducation populaire, comme il y a eu avec Nuit Debout, comme il y a eu avec les Crayons rouges ou les Bonnets rouges. Oui, j'irai voir les gens, j'irai les rencontrer.

 

Un problème bien plus profond que le prix de l'essence

Ce jeudi 17 septembre, les pompes affichent plus de 2,30€ en France. Un tarif qui dépasse largement celui de 2018, lorsque les gilets jaunes sont apparus sur les ronds-points. Le prix de l'essence est-il susceptible de remettre les gilets jaunes dans la rue ? Pour Sébastien Potrich, la crise est bien plus profonde, comme en 2018 d'ailleurs. "A l'époque, on a parlé un peu du prix de l'essence au tout début quand il y avait les artisans et les paysans, mais sinon après, sur les ronds-points, les discussions ça n'a plus jamais été le prix de l'essence." Qu'il ait s'agit d'un élément déclencheur, l'ancien gilet jaune ne le nie pas, mais pour lui ce n'est pas la préoccupation qui a fait rester les manifestants dans la rue. "Le problème c'est que jusqu'à la génération de mes grands-parents, même mes parents, on pouvait espérer qu'en travaillant bien tous les jours, notre vie serait meilleure demain qu'aujourd'hui. Et aujourd'hui, c'est fini ça. Je pense que le problème il est plus de cet ordre-là".

Pour l'instant rien ne dit que l'appel à la mobilisation pour le 17 octobre sera suivi, ni quelles seront les revendications motrices.