Modifié : 11h01 par FTB avec HG

Menottes au sol à Mende : la colère des policiers s'affiche

Des policiers se sont mobilisés ce mardi partout en France pour dénoncer plusieurs décisions gouvernementales. En Lozère, quatre représentants du syndicat Alliance ont défilé à Paris tandis qu'une quinzaine d'adhérents d'Un1té se sont rassemblés devant le commissariat de Mende. Tous réclament davantage de moyens et une meilleure reconnaissance de leur travail.

Les policiers du syndicat Un1té se sont mobilisés devant le commissariat
Les policiers du syndicat Un1té se sont mobilisés devant le commissariat
Crédit : HG / TOTEM

De Paris à Mende, la colère des policiers s'est exprimée ce mardi. Le mouvement a pris différentes formes selon les syndicats, mais les revendications restent proches. Plusieurs organisations policières dénoncent notamment le manque d'effectifs, les conditions de travail et les écarts de revalorisation salariale au sein de la profession.

Des milliers de policiers ont défilé ce mardi sur les Champs-Élysées, à Paris. Dans le cortège, quatre Lozériens du syndicat Alliance. Cette mobilisation intervient après une rencontre jugée insatisfaisante avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, le 4 septembre dernier.

Le syndicat revendique notamment la création d'un statut particulier pour les agents de la police technique et scientifique, la revalorisation de la prime de risque ainsi que des recrutements supplémentaires. Les manifestants contestent également l'augmentation prévue pour les commissaires.

 

Quatre Lozériens dans le cortège parisien

Joint par téléphone par TOTEM alors qu'il participait au défilé parisien, Lionel Durand, secrétaire départemental adjoint du syndicat Alliance en Lozère, assume pleinement cette mobilisation.

"Comme le dit l'adage populaire, qui ne dit mot consent. Nous, actuellement, on est contre les décisions du gouvernement, donc il faut le faire savoir", explique-t-il. Pour lui, la manifestation reste aujourd'hui le seul moyen d'exprimer ce mécontentement sans perturber la population. " Malheureusement, il n'y a qu'un seul moyen de le faire, à savoir sans ennuyer la population, c'est manifester tout simplement et montrer notre mécontentement à ceux qui nous gouvernent."

Le cortège devait notamment marquer un arrêt devant l'Assemblée nationale. "Il ne faut pas oublier que là-bas, on représente plus de 100.000 personnes, donc il faut qu'il y ait une juste redistribution à hauteur du travail pour nous", poursuit le responsable syndical.

 

 

À Mende, des menottes jetées au sol symboliquement

Pendant ce temps, à Mende, une quinzaine de policiers du syndicat Un1té se sont réunis devant le commissariat. Comme dans de nombreuses villes de France, ils ont jeté symboliquement leurs menottes au sol.

Une action destinée à dénoncer la réforme qui prévoit une augmentation pouvant atteindre 1.350 euros par mois en fin de carrière pour les commissaires. Une mesure jugée injuste par les policiers, les personnels administratifs et les agents des services techniques et scientifiques.

Mais la mobilisation porte aussi sur le manque de moyens humains. Pour Guillaume Maffey, secrétaire départemental d'Un1té Police, les difficultés du commissariat de Mende s'accentuent, notamment dans les services d'investigation.

"Ce sont les personnels qui font tourner le commissariat, c'est-à-dire ceux qui s'occupent de la police-secours sept jours sur sept. On a des collègues de l'investigation où on a des dossiers qui s'accumulent, notamment depuis l'affaire Lyhanna", explique-t-il.

Les interventions d'initiative suspendues

Le syndicaliste évoque également une pression croissante sur les enquêteurs. "Les collègues sont soumis à beaucoup plus de vérifications pour justement éviter qu'il y ait un loupé. Seulement, le problème, c'est que les collègues du commissariat de Mende sont moins d'enquêteurs qu'ils étaient auparavant parce qu'on en a perdu quelques-uns suite à des départs à la retraite ou en mutation."

Selon lui, les renforts restent insuffisants pour compenser ces départs. "On a eu une seule nouvelle arrivée qui doit être formée, donc les collègues commencent à saturer au niveau des dossiers. Il faut vraiment qu'on nous entende et qu'on nous donne les moyens de soulager l'investigation."

Si les policiers continuent d'assurer les missions d'urgence et de répondre aux appels au 17, ils ont commencé ce mardi à suspendre les interventions d'initiative. Les syndicats préviennent qu'ils sont prêts à poursuivre le mouvement dans les prochains jours.