Modifié : 21 octobre 2026 à 20h16 par
Stéphane Jacquemin
Ombrières en lin : Tulle mise sur le local
Pour lutter contre les fortes chaleurs, la Ville de Tulle (Corrèze) devient la première collectivité à commander les ombrières mobiles en lin développées par la corderie Palus à Saint-Pantaléon-de-Larche (Corrèze). Trois structures, représentant 75 m² d'ombre, équiperont d'abord les écoles avant d'être déployées l'été dans différents espaces publics de la ville. Une commande stratégique pour cette entreprise corrézienne actuellement en sauvegarde judiciaire.
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Une des ombrières mobiles conçues par la corderie Palus pour Tulle.
Crédit : SJ©TOTEM-2026
Trois ombrières mobiles pour lutter contre la chaleur
Face à la multiplication des épisodes de fortes températures, la Ville de Tulle a choisi d'investir dans une solution à la fois durable, locale et réutilisable. Trois ombrières mobiles en lin de 25 m² chacune seront prochainement installées dans les écoles de la commune afin d'apporter davantage d'ombre aux élèves.
L'intérêt de ces équipements réside dans leur modularité. Une fois la période scolaire terminée, les structures pourront être déplacées et utilisées dans différents espaces publics du centre-ville.
Pour le maire de Tulle (Corrèze), Laurent Melin, ce caractère mobile a été déterminant.
"L'idée étant de rafraîchir dans un premier temps la cour des écoles. Mais on s'est aperçu que nos centres-villes en ont besoin aussi. Ce qui m'a séduit également, c'est que l'on dispose d'un véritable savoir-faire en Corrèze et que ce projet permet de soutenir l'économie locale."
La collectivité a investi près de 26 000 euros pour l'acquisition des trois structures.
Un premier client stratégique pour Palus
Cette commande revêt une importance particulière pour la corderie Palus de Saint-Pantaléon-de-Larche (Corrèze), dernière corderie au long de France.
Reprise en 2018 par Stéphane Assolari, l'entreprise traverse actuellement une période délicate et se trouve placée sous sauvegarde judiciaire. Le dirigeant voit dans ce nouveau produit un véritable tournant.
"C'est un symbole et une vraie chance. Ce produit est devenu essentiel pour l'avenir de la Corderie. Je me sens chanceux d'avoir la Ville de Tulle qui nous a fait confiance pour lancer ce projet. C'est un véritable pivot stratégique."
Selon lui, ce contrat pourrait contribuer à préserver un savoir-faire artisanal unique.
"Nous sommes en difficulté et même en sauvegarde judiciaire. La crise économique et sociale a un impact important sur le commerce et la Corderie n'y échappe pas. Il nous fallait trouver une solution pour rebondir et sauvegarder ce patrimoine artisanal."
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Stéphane Assolari présente l'activité historique de la corderie Palus.
Crédit : SJ©2026-TOTEM
Une fabrication largement corrézienne
Pour se démarquer sur un marché très concurrentiel, Palus a fait le choix d'une fabrication locale et responsable.
Le projet, développé depuis deux ans avec l'agence grenobloise C+B Lefebvre, mobilise plusieurs entreprises et structures du territoire.
Le lin provient d'une filature française, le tricotage est assuré par une entreprise du patrimoine vivant, les cordages sont fabriqués à Saint-Pantaléon-de-Larche, tandis que le bois est travaillé par l'atelier de l'ADAPEI à Mulatet.
La chaudronnerie est réalisée par l'entreprise Labrousse à Objat (Corrèze) et la couture par la CASEM à Perpezac-le-Noir (Corrèze).
"Je voulais un produit naturel qui ne vienne pas polluer davantage notre planète. Je voulais aussi qu'il soit local alors que beaucoup de produits concurrents viennent de l'étranger", explique Stéphane Assolari.
Cette approche permet de valoriser plusieurs savoir-faire français tout en limitant l'empreinte environnementale du produit.
D'autres collectivités intéressées
Premier client de ces ombrières nouvelle génération, Tulle pourrait rapidement être suivie par d'autres collectivités.
Plusieurs communes observent déjà cette expérimentation avec attention, notamment Brive (Corrèze), confrontée elle aussi aux enjeux liés aux fortes chaleurs urbaines.
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