Modifié : 20 octobre 2026 à 18h18 par Tiphaine Coulon avec Stéphane Jacquemin

Incendie de la mairie de Limoges : le plateau de Millevaches au cœur de la polémique

Après l'interpellation d'un homme de 34 ans en Haute-Vienne dans l'enquête sur l'incendie de la mairie de Limoges, les déclarations de David Lisnard sur de supposés "camps d'entraînement terroristes" sur le plateau de Millevaches suscitent de vives réactions.

La mairie de Limoges a été incendiée le 17 octobre 2026.
La mairie de Limoges a été incendiée le 17 octobre 2026.
Crédit : page Facebook mairie de Limoges

 

L'enquête sur l'incendie qui a fortement endommagé la mairie de Limoges (Haute-Vienne), en marge des manifestations du week-end dernier, a connu un nouveau développement ce mardi 20 octobre 2026 avec l'interpellation d'un homme de 34 ans.
 
Le suspect est soupçonné d'être impliqué dans l'attaque du bâtiment municipal. Selon les premiers éléments de l'enquête, il serait également proche de la mouvance d'ultra-gauche, une piste explorée par les enquêteurs depuis plusieurs jours. Au-delà du cadre judiciaire, cette affaire a relancé le débat autour du plateau de Millevaches, régulièrement associé dans le débat public à des mouvements militants contestataires.
 

Philippe Brugère répond à David Lisnard

Le sujet a pris une nouvelle dimension après les déclarations de David Lisnard, maire de Cannes, président de l'Association des maires de France et candidat à l'élection présidentielle. Ce dernier a évoqué l'existence de "camps d'entraînement terroristes" sur le plateau de Millevaches.
 
Des propos vivement contestés par Philippe Brugère, maire socialiste de Meymac (Corrèze) et président du Parc naturel régional de Millevaches.
 
Je ne vois pas ce qui lui permet d'affirmer de telles choses et j'ai l'impression qu'il veut donner un écho médiatique dans le cadre d'une possible candidature à l'élection présidentielle. Je l'invite à venir visiter le plateau de Millevaches que je connais parfaitement et il verra de lui-même qu'il n'y a pas de camp d'entraînement tel qu'il le dit.
 

"Ne pas faire l'amalgame"

Pour autant, le maire de Meymac reconnaît la présence sur le territoire de groupes engagés politiquement et de militants contestataires. "De là à dire qu'il n'y a pas des contestataires sur le plateau, évidemment il y en a", explique-t-il.
 
L'élu nuance toutefois cette réalité en rappelant qu'il ne faut pas généraliser : "Il y a sans doute même quelques éléments violents, mais il ne faut pas faire l'amalgame de tout et vouloir polémiquer au lieu de traiter la cause et la racine de tout ce mécontentement qu'on voit partout en France et qui est bien réel".
 
Philippe Brugère insiste aussi sur le fait que les actes violents seraient le fait d'une minorité, "des communautés engagées, parfois contestataires, avec une toute petite minorité qui donne une expression très condamnable à cette contestation".
 

Le plateau de Millevaches défendu par ses élus

Le président du Parc naturel régional assure que cette minorité ne représente pas la population locale.
 
Une expression violente, sans doute, mais c'est quelques éléments. Ce n'est pas du tout le reflet de la population du plateau de Millevaches. Vouloir faire l'amalgame entre le plateau de Millevaches comme un camp retranché, voire d'entraînement pour des terroristes, Monsieur Lisnard perd la raison.
 
Selon l'élu corrézien, il n'existe pas de zone à défendre ni de structure assimilable à un camp d'entraînement sur ce territoire rural.