Publié : 19h00 par
Johan Gesrel

Municipales : les attentes des habitants de Montauban

À Montauban (Tarn‑et‑Garonne), habitants et candidats s’expriment sur le stationnement, les mobilités, les animations et le commerce du centre-ville.

Place Nationale Montauban
Place Nationale Montauban
Crédit : Totem JG

Troisième épisode de la série "des maires et vous", que Totem consacre aux élections municipales de mars 2026. Zoom sur Montauban

🔑Montauban (Tarn‑et‑Garonne), la ville aux briques rouges, séduit toujours ses habitants. Beaucoup la décrivent comme une ville agréable et jolie, où "on est comme à la maison". Plusieurs saluent les transformations menées depuis vingt ans, la proximité des équipements comme l’hôpital, son marché de producteurs ou encore la vie sur les places ensoleillées.
 
Mais au-delà de l’image de carte postale, des difficultés récurrentes reviennent dans les témoignages : le stationnement jugé trop cher, les commerces du centre-ville qui ferment et un manque d’animations, surtout pour les jeunes adultes. "Les parkings, c'est tout payant" déplorent certains. D’autres regrettent que les habitants délaissent le centre pour les zones commerciales. Le dimanche, beaucoup décrivent une ville où "il n’y a rien pour les jeunes", qui préférer aller à Toulouse pour s’occuper.
Des maires et vous : la parole aux habitants de Montauban (Tarn-et-Garonne).

 

Les visions des candidats sur l’avenir de Montauban

Une ville transformée mais pas suffisante pour tous ?

Pour Didier Lallemand, soutenu par Brigitte Barèges (UDR) avec l’appui du RN, les retours des habitants sont une forme de reconnaissance : "On a transformé cette ville mais on lui a gardé une qualité de vie".
 
 
À gauche, Samir Chikhi (Montauban de gauche écologiste et citoyenne) estime que Montauban ne doit pas être seulement une vitrine : "Moi-même, je suis un aficionado de la place Nationale... mais est-ce que ça suffit ? Est-ce qu’on a besoin que d'une ville vitrine ?".
 
 
Au centre, Aurore Kothé (Montauban Autrement) apprécie la taille humaine de la ville. "Ce que j'aime beaucoup, c'est toute cette histoire, ce côté ville rose". Pour Thierry Deville, candidat Les Républicains issu de la majorité sortante, l’attractivité vient des efforts cumulés : "C’est parce que vous avez un musée, une piscine, un golf, que des entreprises s’installent". À l’inverse, Arnaud Hilion, conseiller d’opposition socialiste, parle d’une "photo en trompe-l'œil". Selon lui, l’embellissement du centre s’est fait "au détriment des hameaux de la périphérie".
 

Stationnement et mobilités : un thème omniprésent

Pour les habitants, se garer reste l’un des principaux problèmes. Didier Lallemand rappelle qu’il existe encore "1.200 places gratuites autour du centre-ville", estimant que la pression sur le stationnement est "la rançon du développement". Samir Chikhi dénonce des choix municipaux qui compliquent les mobilités : " un samedi matin où je devais tracter, je n'ai pas trouvé de place handicapé puisque je suis handicapé, mais ça m'a coûté 6,50 € de parking". Il propose de retravailler l’ensemble des mobilités et d’instaurer des transports en commun gratuits.
 
 
Jean‑Lou Lévi (Montauban Autrement) veut accélérer le transport à la demande et rendre le parking gratuit le samedi après 16 h 30 pour redynamiser le centre-ville. Thierry Deville assume la délégation au privé. Pour lui, la solution passe par un changement des mobilités : "On va abroger l'arrêté concernant les vélos en centre-ville".
 
 
Arnaud Hilion souhaite renégocier les contrats pour obtenir des moments de gratuité, créer des parkings relais et mettre en place des navettes fréquentes. Même idée du côté de Jean‑Philippe Labarre (Nouveau Montauban), qui propose des navettes électriques gratuites depuis des parkings relais gratuits.
 

Commerces, animation et jeunesse : un enjeu clé

Beaucoup d’habitants regrettent une ville "un peu fantôme" et le manque de commerces de centre-ville. Sur ce point, Didier Lallemand défend son bilan en listant de nombreuses animations gratuites : festival des Lucioles, les animations de Noël, le marché gourmand. Il cite aussi le festival des Lanternes ou Harry Potter. Il mise aussi sur une future halle gourmande au sein de la Maison du Peuple.
 
À gauche, Samir Chikhi souhaite obtenir le label scène nationale et renforcer les résidences d’artistes. Il dénonce un tissu associatif fragilisé : "Aujourd’hui, tout le monde se tourne un peu le dos".
 
Le centre veut dynamiser le cœur de ville. Aurore Kothé et Jean‑Lou Lévi proposent une animation par mois et veulent attirer des investisseurs, par exemple pour créer un bowling. Ils insistent sur l’enjeu étudiant.
 
 
 
Thierry Deville propose une halle gourmande sur l’esplanade des Fontaines, inspirée de lieux comme La Cartoucherie à Toulouse. Arnaud Hilion veut lui aussi créer une halle gourmande et augmenter le nombre d’étudiants, estimant que Montauban "part de loin" en matière d’animation.
 
 
 
Jean‑Philippe Labarre souhaite créer des squares sécurisés pour les enfants et des haltes-garderies en centre-ville. Pour lui, restaurer la mobilité et renforcer l’attractivité rendra le centre "inévitablement plus vivant pour les jeunes".
 

Une liste Lutte ouvrière

 
Une septième liste sera proposée aux électeurs montalbanais le 15 mars prochain : une liste conduite par Richard Blanco de Lutte Ouvrière.