Modifié : 15h51 par Tiphaine Coulon avec Joëlle Mège
L’Auvergne en première ligne de l’école inclusive
Rentrée 2026 : les PASS se déploient en Auvergne pour accompagner les élèves à besoins particuliers. Les syndicats alertent sur le manque de moyens.
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L'école maternelle est prête à recevoir les élèves pour cette nouvelle année scolaire.
Crédit : Fabien Taccard- Blanchin / Totem
Les pôles d’appui à la scolarité (PASS) entrent en vigueur pour cette rentrée 2026. Présenté comme un outil destiné à accélérer l’accompagnement des élèves à besoins particuliers, ce nouveau dispositif se déploie notamment en Auvergne, territoire pilote. Si l’ambition est saluée, des interrogations persistent quant aux moyens accordés sur le terrain.
Les PASS déployés dès cette rentrée 2026
C’est l’une des principales nouveautés de cette rentrée scolaire 2026. Les pôles d’appui à la scolarité (PASS) sont progressivement mis en place dans plusieurs académies afin de renforcer l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers.
L’objectif affiché par l’Éducation nationale est de proposer des réponses plus rapides aux familles et aux équipes pédagogiques, sans attendre systématiquement une décision de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Les PASS doivent ainsi permettre d’identifier plus rapidement les besoins des élèves et de mobiliser les ressources adaptées. L’Auvergne figure parmi les territoires les plus avancés dans le déploiement de ce dispositif, présenté comme une nouvelle étape de l’école inclusive.
Une réponse plus rapide pour les familles
Concrètement, les PASS ont vocation à servir de point d’entrée unique pour les familles, les enseignants et les professionnels intervenant auprès des enfants en difficulté.
Le ministère souhaite ainsi fluidifier les parcours des élèves et éviter certains délais administratifs souvent dénoncés par les parents. L’enjeu est de permettre une prise en charge plus précoce, notamment pour les enfants présentant des troubles de l’apprentissage, des besoins spécifiques ou une situation de handicap.
Pour les défenseurs du dispositif, cette évolution pourrait améliorer la coordination entre les différents acteurs du secteur éducatif et médico-social.
Des inquiétudes sur les moyens humains
Si le principe recueille un accueil plutôt favorable, plusieurs organisations syndicales s’inquiètent des moyens mobilisés pour faire fonctionner ces nouveaux pôles.
Dans le Cantal, Stéphanie Lavergne, co-secrétaire départementale du Snuipp-FSU, estime que les PASS sont mis en place sans création de postes suffisante. Pour la représentante syndicale, l’accompagnement des élèves est une nécessité, mais il ne doit pas se faire au détriment des effectifs dans les écoles.
Les enseignants doivent être devant les élèves. Les élèves ont besoin d’avoir leurs enseignants devant eux. Sur le principe, c’est tout à fait pertinent. Mais à moyens constants, ce n’est pas possible.
Protection des élèves et des personnels : l’autre priorité de la rentrée
Cette rentrée 2026 est également placée sous le signe de la protection des élèves et des personnels. Le ministère met en avant le renforcement des mesures contre les violences, les incivilités et le harcèlement scolaire.
Parmi les évolutions annoncées figure la possibilité de changer d’établissement un élève lorsque le comportement menaçant ou particulièrement perturbateur d’un parent met en difficulté la communauté éducative. Une mesure qui suscite là encore des réactions contrastées.
Les syndicats partagés sur les nouvelles mesures
Pour Stéphanie Lavergne, cette disposition soulève plusieurs questions.
Ce serait faire porter le chapeau aux enfants qui feraient les frais des agissements potentiellement violents ou agressifs de leurs parents.
La responsable syndicale reconnaît néanmoins les difficultés rencontrées par certains personnels confrontés à des situations de tension ou d’agression aux abords des établissements scolaires.
C’est une réponse qui est apportée. Mais le souci est toujours le même : le ministère propose et, au final, ce sont les professionnels qui doivent se débrouiller dans les faits.
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