Modifié : 15h25 par
Fabien Taccard Blanchin - Journaliste

Info TOTEM : mis en demeure, les gens du voyage quittent Montauban mais dénoncent leur traitement

Mis en demeure de quitter le terrain de Capou à Montauban, un groupe d'environ 35 familles assure avoir effectué les démarches nécessaires avant son arrivée. Son représentant pointe un manque de places sur l'aire de grand passage prévue dans le département. Le convoi doit quitter les lieux ce lundi.

Installation des caravanes sur le terrain municipal de Capoue à Montauban
Installation des caravanes sur le terrain municipal de Capoue à Montauban
Crédit : FTB

 

Mis en demeure de quitter les lieux, les gens du voyage installés à Capou contestent les conditions d'accueil qui leur étaient proposées. Environ 35 familles, soit une trentaine de caravanes selon leur représentant, étaient installées sur le terrain de Capou à Montauban. Le groupe annonce tout de même quitter les lieux ce lundi 17 aout.

Selon Julio, représentant du convoi, les démarches administratives avaient pourtant été engagées bien avant l'arrivée du groupe. « Nos courriers sont envoyés jusqu'à six mois à l'avance, depuis le mois de janvier », affirme-t-il. Une procédure d'« annonciation » qui consiste à prévenir les autorités de la date et du lieu d'installation prévus.

 

UNE AIRE DE GRAND PASSAGE DÉJÀ OCCUPÉE

Avant de s'installer sur le terrain de foot de Capou (Tarn-et-Garonne), le groupe s'était dirigé vers l'aire de grand passage située chemin de la Tauge, au nord de Montauban. Une arrivée qui aurait même été préparée avec la police municipale, selon son représentant.

Mais sur place, l'accès aurait été impossible. « Il y avait une cinquantaine de familles qui étaient là depuis quelques jours », explique Julio. Selon lui, le terrain n'était pas en capacité d'accueillir une trentaine de caravanes supplémentaires. Il évoque également des équipements insuffisants pour un tel nombre d'occupants : seuls trois robinets étaient installés sur l'aire. « C'est en moyenne ce qu'il y a pour un seul foyer », fait-il valoir, alors qu'une cinquantaine de familles était déjà présente sur le site au moment de leur arrivée.

D'après lui, les gestionnaires du site lui ont indiqué qu'il n'y avait pas suffisamment de place pour accueillir un nouveau convoi.

Le représentant du groupe estime que la question dépasse le simple cadre de cette installation. Selon lui, l'aire de grand passage prévue dans le schéma départemental devrait permettre d'accueillir jusqu'à 200 caravanes sur une superficie de quatre hectares. Il s'interroge donc sur la capacité réelle du site à répondre aux besoins.

 

« ON SUBIT LA SITUATION »

Mis en demeure de quitter Capou alors qu'il prévoyait d'y rester deux semaines, le groupe estime être victime d'un dysfonctionnement dont il n'est pas responsable.

« On est des citoyens français itinérants, on est dans nos droits de voyager », défend Julio. Il regrette notamment que les critiques se concentrent sur les voyageurs alors que, selon lui, de nombreuses collectivités ne disposent pas encore des équipements prévus par la réglementation.

Julio estime également que les difficultés rencontrées ne sont pas propres à Montauban. Il avance que de nombreuses collectivités ne respectent pas encore les obligations prévues pour l'accueil des grands passages. « Aujourd'hui, il y a 40 % des communautés de communes de France qui remplissent les conditions. Donc il y a quand même 60 % des communes qui sont hors la loi », affirme-t-il. Selon lui, ce manque d'équipements d'accueil contribue à placer certains groupes en situation irrégulière malgré des démarches réalisées en amont. « À cause de ces 60 % de communes qui ne remplissent pas les conditions, nous on arrive et on se met en illicite (...) on est expulsés, jetés, sans pouvoir faire valoir nos droits », déplore-t-il.

Malgré ce contentieux, le représentant assure vouloir respecter le cadre légal. « Bien évidemment, on aimerait être dans les clous », insiste-t-il. Le départ du groupe était annoncé pour ce lundi.

 

LE SUJET REVIENT SUR LA TABLE CHAQUE ANNÉE

La problématique de l’aire de grand passage dans le Tarn-et-Garonne n’est pas nouvelle. L’ancien préfet Vincent Roberti en avait fait l’un de ses dossiers principaux, sans parvenir à trouver une solution. En 2024, un an après l’agression du président de Terres des Confluences Dominique Briois, le représentant de l’État dans le département avait alors réquisitionné un terrain à Montbartier. C’était ensuite à Saint-Étienne de Tulmont l’année suivante. Pour un coût estimé à 200.000 euros au bas mot.