Modifié : 12 octobre 2026 à 18h27 par
Stéphane Jacquemin

En Corrèze, Place Publique voit Hollande comme un allié

Après la large victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste, l'heure est désormais au rassemblement à gauche. En Corrèze, Place Publique se prépare à la campagne présidentielle et ne voit pas d'un mauvais œil l'hypothèse d'une candidature de François Hollande, député du département et ancien président de la République.

PLACE PUBLIQUE CORREZE DELPHINE MERINO
Pour Delphine Mérino, François Hollande est davantage un allié qu'un rival.
Crédit : SJ©2026-TOTEM

 

Une victoire nette pour Raphaël Glucksmann

Le dimanche 11 octobre 2026, à l'issue du premier tour de la primaire de la gauche socialiste et démocratique, Raphaël Glucksmann s'est imposé très largement avec 66,17 % des suffrages, soit 79 613 voix.
 
Il devance très nettement Olivier Faure (14,46 %), Ségolène Royal (7,62 %), Emmanuel Maurel (5,92 %) et Jérôme Guedj (5,83 %).
 
La participation a atteint 88,88 %, avec 120 787 votants sur les 134 456 électeurs appelés aux urnes.
Pour les militants de Place Publique, le mouvement fondé par le député européen, ce résultat ouvre une nouvelle phase : celle de la préparation de l'élection présidentielle.

 

En Corrèze, l'ombre de François Hollande

Au-delà du résultat national, une question anime déjà les discussions en Corrèze : celle du positionnement de François Hollande.
 
Député de la Corrèze, ancien maire de Tulle, ancien président du Conseil général de la Corrèze et président de la République entre 2012 et 2017, il s'est donné jusqu'au mois de décembre pour indiquer s'il envisage ou non une candidature à l'élection présidentielle.
 
Une hypothèse qui ne semble pas inquiéter Delphine Mérino, co-référente de Place Publique en Corrèze.
 
"Pour l'instant, non, ce n'est pas un problème. Il a félicité Raphaël Glucksmann (...)  Glucksmann lui a tendu la main en lui disant : "Il peut nous rejoindre, il n'y a pas de problème". Je ne pense pas que ce soit un problème."
 
Pour la responsable corrézienne, François Hollande pourrait même constituer un atout pour la dynamique de la gauche.
 
"C'est un ancien président, c'est un homme intelligent, brillant. Il ne va pas mettre à mal les chances pour la gauche de gagner cette élection. Je le vois comme un soutien plus que comme un concurrent. Je l'espère en tout cas."

 

Place Publique veut élargir le rassemblement

Si la question Hollande occupe les esprits, l'objectif prioritaire reste ailleurs : construire une candidature de rassemblement.
 
En Corrèze, Place Publique revendique désormais plus d'une centaine d'adhérents. Un socle sur lequel le mouvement compte s'appuyer pour structurer localement la campagne. "Nous allons nous organiser en interne. Il y aura un comité de campagne qui va être créé au sein de Place Publique avec nos camarades du Parti socialiste", explique Delphine Mérino.
 
Le mouvement souhaite également engager rapidement des discussions avec les autres formations de gauche.
 
"On va engager des discussions avec les autres partis qui pourraient nous rejoindre, que ce soit les écologistes ou le Parti communiste. Le programme n'est pas figé. Il est censé être construit ensemble."
 
L'objectif affiché est clair : rassembler toute la gauche hors La France insoumise autour de Raphaël Glucksmann.

 

En retard dans les sondages, Raphaël Glucksmann peut-il gagner ?

Reste une difficulté de taille. Malgré sa victoire à la primaire, Raphaël Glucksmann est actuellement crédité de 10 à 11 % des intentions de vote dans les principales enquêtes d'opinion. À ce stade, il n'apparaît pas qualifié pour le second tour de la présidentielle.
 
Pour Delphine Mérino, ces chiffres doivent être analysés avec prudence.
 
"Je crois qu'il faut se méfier aussi de ces sondages. Lors des dernières présidentielles, il y avait des dynamiques annoncées très fortes qui se sont ensuite dégonflées."
 
La militante balaie également les critiques visant le style ou le charisme du député européen.
 
"Raphaël Glucksmann ne croit pas à l'homme providentiel. Il n'a pas un ego surdimensionné. Il est déjà bien entouré. Au-delà du personnage, il faut arrêter d'imaginer qu'il faut avoir toutes les qualités de one-man-show pour y arriver.