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Stéphane Jacquemin

Corrèze : les agriculteurs jugent l'aide sécheresse insuffisante

Face aux conséquences de la sécheresse, l'État débloque 1,5 million d'euros pour les agriculteurs corréziens dans le cadre du plan CASI. Une aide jugée largement insuffisante par la FDSEA et les JA qui ont invité le préfet sur une exploitation ce lundi 14 septembre

Vaches Limousines Sécheresse
À défaut d’herbe, à Eyburie, les limousines du GAEC les acacias, mangent du foin.
Crédit : SJ©2026-TOTEM
Plan CASI en Corrèze 🎧 Écouter le reportage de Totem à Eyburie :
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1,5 millions d'euros ! Cette somme doit permettre de soutenir en urgence les exploitations corréziennes touchées par la canicule et le manque d'eau. Cette enveloppe correspond à la déclinaison locale du milliard d'euros annoncé par le gouvernement au titre du Plan Canicule Sécheresse Incendie (CASI) et plus précisément du fonds de réarmement agricole, doté lui de 235 millions d'euros et géré directement par les préfectures.

 

Mais sur le terrain, la mesure passe mal. Ce lundi, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Corrèze ont invité le préfet de Corrèze, Vincent Berton, à constater les dégâts sur une exploitation d'Eyburie. 

 

"Du saupoudrage", dénoncent les syndicats 

Plan CASI rencontre entre préfet et JA et FDSEA
Le préfet de la Corrèze a échangé avec les représentants agricoles sur le plan CASI
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Pour Emmanuel Lissajoux, président départemental de la FDSEA, l'aide annoncée ne répond pas à l'ampleur des pertes : " Cela va représenter peut-être autour de 500 euros par exploitation. L'agriculteur chez qui nous sommes aujourd'hui enregistre à lui seul une perte directe de 30 000 euros liée à la sécheresse. " 

Les syndicats estiment que l'enveloppe ne permettra pas de compenser les surcoûts supportés par les éleveurs, contraints déjà de puiser dans leurs réserves de fourrage. 

 

À Eyburie, des stocks déjà entamés 

 

Au GAEC Les Acacias, à Eyburie, Éric et Chantal Dumont subissent de plein fouet les conséquences du déficit hydrique. Le couple exploite 140 hectares principalement dédiés à l'élevage. Les stocks de foin prévus pour l'hiver fondent rapidement. "Nous avons déjà distribué 200 bottes de foin qui étaient destinées à l'hiver, et cela continue. Nous sommes obligés d'en acheter, mais c'est devenu difficile d'en trouver. "

Les achats de fourrage représentent déjà près de 12 000 euros de dépenses supplémentaires. " Je pense qu'ils ne se rendent pas compte de l'argent que chaque exploitation doit débourser pour compenser les pertes ", regrette l'éleveur. 

 

La crainte d'une vente forcée des troupeaux 

 

Au-delà des difficultés immédiates, les responsables agricoles redoutent une accélération de la décapitalisation des élevages. Selon eux, faute de trésorerie suffisante pour acheter du foin, certains exploitants pourraient être contraints de vendre une partie de leur cheptel dans les prochains mois. 

 

Le préfet défend une aide « rapide et inédite » 

 

Face aux critiques, le préfet de Corrèze, Vincent Berton, souligne la rapidité de la réponse de l'État. " C'est la première fois en France qu'une aide est débloquée aussi rapidement. Elle permettra d'apporter très vite un soutien direct à la trésorerie des exploitations. C'est un effort de solidarité nationale envers nos agriculteurs. " 

Selon les services de l'État, les premiers versements devraient intervenir à partir de début octobre. L'enveloppe globale destinée à la Corrèze pourrait atteindre à terme, 2 millions d'euros.