Modifié : 11h50 par Tiphaine Coulon avec Stéphane David

Aides sécheresse : les agriculteurs mobilisés à Rodez

À Rodez (Aveyron), les agriculteurs dénoncent des aides jugées insuffisantes face à la sécheresse et aux pertes dans les élevages.

Les mesures annoncées par la ministre de l'Agriculture sont insuffisantes selon les agriculteurs.
Mobilisation des agriculteurs à Rodez (Aveyron) le 7 septembre 2026.
Crédit : Stéphane David / Totem

 

Les agriculteurs de l’Aveyron ont manifesté devant la préfecture de Rodez (Aveyron) ce lundi 7 septembre 2026 en soirée pour dénoncer le plan CASI présenté par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Selon la FDSEA, les aides annoncées restent largement insuffisantes face aux pertes subies à cause de la sécheresse.
 

Beaucoup de foin pour rien ?

La contestation gronde dans le monde agricole. Plusieurs dizaines d'agriculteurs se sont rassemblés, ce lundi soir, devant la préfecture de Rodez (Aveyron). Une mobilisation nocturne organisée pour dénoncer le plan CASI dévoilé la semaine dernière par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard.
 
Le gouvernement prévoit de débloquer un milliard d'euros d'aides pour accompagner les exploitations touchées par la sécheresse. Une somme jugée largement insuffisante par les représentants de la profession.
 

« Trois jours de fourrage »

Pour les éleveurs, cette enveloppe ne permettrait de couvrir qu'une infime partie des pertes engendrées par le manque d'herbe et la nécessité d'acheter du fourrage supplémentaire. Les manifestants ont ainsi symboliquement voulu montrer que ces aides ne représenteraient que "trois jours de fourrage" pour certaines exploitations.
 

Une aide calculée en UGB

La FDSEA de l'Aveyron rappelle que les pertes sont évaluées à partir de l'UGB, l'Unité Gros Bétail, qui correspond à une vache adulte reproductrice.
 
Pour Marie-Amélie Viargues, présidente de la FDSEA de l'Aveyron, les 300 euros demandés par UGB correspondent à une estimation des pertes subies par les éleveurs :
 
Entre l'achat de fourrage, la perte de production et les charges supplémentaires, cela représente environ 300 euros par bête. 
 
Selon elle, l'effort financier doit être partagé entre les agriculteurs, l'État, mais aussi l'ensemble de la filière agroalimentaire.
 

Les filières également interpellées

Les manifestants estiment que les conséquences économiques de la sécheresse ne peuvent pas reposer uniquement sur les exploitants et les pouvoirs publics. Ils appellent également les différents acteurs de la filière à participer à cet effort, dénonçant un écart important entre les prix perçus par les producteurs et ceux payés par les consommateurs.
La mobilisation pourrait se poursuivre dans les prochaines semaines si les annonces gouvernementales ne sont pas renforcées.