Modifié : 7h50 par Stéphane Jacquemin avec FP

À Chameyrat, le refuge SPA déborde de pensionnaires après l'été

Le refuge SPA de Chameyrat (19) fait face à une hausse des abandons après l'été 2026. Comme au niveau national, les capacités d’accueil sont sous tension, même si les adoptions progressent également.

Chien errant
Image d'illustration
Crédit : Pixabay

L’été 2026 confirme une tendance inquiétante pour la protection animale. Selon la Société Protectrice des Animaux (SPA), plus de 9.500 animaux ont été recueillis en France durant les mois de juillet et août, un record national. Au refuge de Chameyrat (19), près de Tulle, cette hausse se traduit par un manque de places et des équipes confrontées à un nombre croissant d’animaux à prendre en charge.

Un refuge affichant complet

Aujourd’hui, le refuge de Chameyrat (19) accueille jusqu’à 53 chiens. Toutes les places sont occupées. Pour Agnès Bassinet, responsable du refuge, la situation se dégrade d’année en année : « Plus ça va malheureusement, plus on a des abandons ou des déclarations de maltraitance, donc on récupère des animaux sur maltraitance. » Dans les box du refuge corrézien, de nombreux chiens de grande taille attendent une nouvelle famille. Parmi eux, les Malinois sont particulièrement représentés. « Le Malinois est un chien qui est extraordinaire mais on ne lui apporte pas le besoin qu'il a. C'est des animaux qui vrillent donc ils vont se retrouver en refuge. » explique Agnès Bassinet. La responsable rappelle qu’un jardin ne suffit pas toujours à garantir le bien-être d’un animal. « Le chien va avoir des besoins, et au bout d'un moment, ça devient compliqué. Ce sont des races de chiens qui ont vraiment des besoins particuliers et je pense que les gens ne se rendent pas compte quand ils adoptent cette race-là. »

Une forte pression sur l’accueil des chats

Le refuge héberge également une soixantaine de chats. Là aussi, la tendance inquiète les équipes. « C'est vraiment une grosse problématique et je pense que ça va être un problème national le chat. » Agnès Bassinet estime également que les changements climatiques pourraient avoir un impact sur la reproduction féline : « Je pense que le réchauffement climatique joue aussi puisqu'avant on était à deux portées par an, on est passé à trois avec de plus en plus de chatons dans les portées. Maintenant on peut aller jusqu'à cinq ou six chatons par portée. »

Le refuge accueille aussi des NAC, les nouveaux animaux de compagnie. À Chameyrat (19), il ne s’agit pas de serpents ou d’iguanes, mais principalement de lapins nains. Là encore, la méconnaissance des besoins de l’animal peut conduire à des abandons. « Les gens pensent qu'il suffit juste de nettoyer la caisse, pas du tout. »

Une note d’espoir grâce aux adoptions

Malgré cette hausse des abandons, le refuge observe une progression des adoptions. Une évolution essentielle pour permettre l’accueil de nouveaux pensionnaires « Heureusement, c'est ce qui nous fait vivre aussi parce que sans ça, je pense qu'au bout d'un moment, on démissionnerait un petit peu. Mais oui, il y a eu pas mal d'adoptions. Il y a des gens très sérieux, des gens très motivés, encore heureusement. » Au niveau national, plus de 8.200 animaux ont trouvé une famille durant l’été.