Modifié : 23 septembre 2026 à 18h34 par Tiphaine Coulon avec Joëlle Mège

Catastrophe aérienne : exercice grandeur nature au Puy Mary

Au Puy Mary, la gendarmerie du Cantal a organisé un exercice simulant le crash d'un avion militaire avec experts ADN, drone et hélicoptère.

Puy Mary : crash d'avion, la gendarmerie s'entraîne.
Crash simulé au Puy Mary : 60 militaires mobilisés.
Crédit : Joëlle MEGE / TOTEM

 

Une soixantaine de militaires, un hélicoptère, un drone et des experts en identification des victimes ont été mobilisés ce mercredi 23 septembre 2026 au Puy Mary. Organisé par la gendarmerie du Cantal, cet exercice grandeur nature simulant le crash d'un avion militaire a permis de tester les procédures de sécurisation, d'enquête et d'identification qui seraient déployées lors d'une catastrophe réelle.
 

Un crash militaire fictif sur les hauteurs du Cantal

Sur les pentes du Puy Mary, les gendarmes ont déployé d'importants moyens pour un exercice de sécurité civile grandeur nature. Le scénario imaginé : un avion militaire vient de s'écraser en montagne, avec plusieurs victimes à identifier.
 
Avant même de lancer les recherches, une étape essentielle s'impose : s'assurer que le secteur est totalement sécurisé. "Qui dit crash d'aéronef dit présence de kérosène, avion militaire dit présence de leurres, présence potentiellement d'armement. Donc avant toute intervention, il va y avoir une levée de doute qui va être faite pour vérifier qu'il n'y a pas de risque pour les intervenants", explique le colonel Frédéric Forain, commandant du groupement de gendarmerie du Cantal.
 
Cette phase préalable permet de protéger les secours avant toute intervention sur le site de l'accident.
 

Des spécialistes de l'identification venus de Pontoise

Une fois le terrain sécurisé, les opérations d'identification des victimes peuvent commencer. Pour l'occasion, des spécialistes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale ont fait le déplacement depuis Pontoise (Val-d'Oise).
 
Médecins légistes, dentistes et experts en empreintes digitales travaillent ensemble pour reconstituer l'identité des victimes dans des conditions proches de celles rencontrées lors d'une catastrophe réelle.
 
"Un médecin légiste, des dentistes, des experts en empreintes digitales. Et là, en l'occurrence, on a aussi amené un mini-laboratoire ADN pour pouvoir faire les analyses directement sur place", détaille le lieutenant-colonel Cédric Sautier, chef de l'unité d'investigation et d'identification.
 

Un laboratoire ADN mobile déployé sur le terrain

Sous une tente installée à proximité de la zone du crash, les équipes spécialisées procèdent aux prélèvements et aux premières analyses génétiques.
 
"On va prélever de l'ADN sur du muscle, du sang ou de l'os en fonction de l'état du fragment", explique une experte mobilisée durant l'exercice.
 
L'objectif est de recueillir des données dites "post-mortem" qui permettront d'établir une identité avec certitude. "Les données post-mortem pourront ensuite être comparées aux données ante mortem recueillies auprès des proches des personnes disparues", poursuit la spécialiste.
 
Ce dispositif, habituellement mobilisé lors des catastrophes de grande ampleur, permet d'accélérer considérablement les procédures d'identification.
 

Se préparer aux crises de demain

Au-delà du scénario d'un crash aérien militaire, cet entraînement vise à préparer les forces de l'ordre et les spécialistes à d'autres situations exceptionnelles. Accidents de transport collectif, catastrophes industrielles ou encore événements climatiques majeurs : les méthodes mises en œuvre au Puy Mary pourraient être sollicitées dans de nombreux contextes.
 

 

Exercice au Puy Mary : la gendarmerie en action
Exercice reproduisant un crash d'avion militaire en zone montagneuse.
Crédit : Joëlle MEGE / TOTEM