Modifié : 17 septembre 2026 à 17h35 par Tiphaine Coulon avec Baptiste Brouillet

Psychiatrie : l'alerte des soignants à Millau

En grève ce jeudi 17 septembre 2026, les psychiatres alertent sur le manque de moyens. À Millau (Aveyron), les soignants craignent une pénurie aggravée de médecins.

Illustration lits vides dans un hôpital
Illustration lits vides dans un hôpital
Crédit : Pixabay

 

Les psychiatres étaient en grève ce jeudi 17 septembre 2026 pour dénoncer le manque de moyens dans leur spécialité. À Millau (Aveyron), les professionnels s'inquiètent d'une pénurie de médecins qui menace la continuité des soins, notamment en pédopsychiatrie.
 

Une psychiatrie en manque de moyens

"Une crise profonde et qui s'aggrave". C'est ainsi que les professionnels du secteur décrivent la situation de la psychiatrie en France. À l'occasion d'un mouvement de grève national ce jeudi, ils dénoncent des postes vacants, des infrastructures vieillissantes et un manque chronique de moyens.
 
Pour Jérôme Faucoup, éducateur spécialisé en psychiatrie à Millau (Aveyron) et membre du syndicat SUD Santé Sociaux, la spécialité souffre avant tout d'un problème d'attractivité.
 
Il y a une baisse d'attractivité du fait de moyens très limités à l'échelle nationale. Il y a moins de médecins qui ont envie de s'inscrire dans cette spécialité.
 

30 % des postes non pourvus

Selon les chiffres avancés dans le cadre de l'appel à la grève, près de 30 % des postes de psychiatres dans le secteur public ne seraient pas pourvus.
 
Une réalité que les équipes constatent également à Millau. Le service de psychiatrie adulte continue de fonctionner, mais avec des difficultés de recrutement qui ont des conséquences directes sur le suivi des patients. "On a des médecins qui changent régulièrement, des médecins remplaçants. Des patients ne peuvent pas avoir un médecin référent qu'ils connaissent sur plusieurs années", souligne Jérôme Faucoup.
 

L'inquiétude grandit en pédopsychiatrie

La situation est particulièrement préoccupante pour la prise en charge des enfants et adolescents. À Millau, le service ne compte actuellement que deux pédopsychiatres.
 
Une médecin pédopsychiatre pourrait partir à la retraite. On a un jeune pédopsychiatre très motivé mais qui ne peut pas, à lui seul, faire fonctionner tout un service.
 
Cette perspective fait craindre une aggravation des difficultés dans les prochaines années, alors que les besoins en santé mentale continuent d'augmenter.
 

La question de l'avenir des services

Au-delà des effectifs actuels, les équipes s'interrogent désormais sur l'avenir de certains services. "Si notre chef de service part à la retraite, qui va prendre la succession ?", s'interroge Jérôme Faucoup. Une question qui résume les inquiétudes des soignants, confrontés à des recrutements difficiles et à un renouvellement des générations qui peine à se concrétiser.