Modifié : 2 septembre 2026 à 23h39 par
Johan Gesrel

Montauban : le SAS psychiatrique filtre déjà près de 200 passages évités aux urgences

Depuis le 1er juin 2026, le Centre hospitalier de Montauban a mis en place un Service d'accès aux soins (SAS) psychiatrique. En deux mois, ce dispositif de régulation spécialisé a pris en charge plus de 400 appels et permis d'éviter près de 200 passages aux urgences psychiatriques. Un service qui répond à un besoin croissant, notamment chez les plus jeunes.

Aliaume Chauvin, infirmier psychiatrique, intervient directement depuis la plateforme de régulation.
Aliaume Chauvin, infirmier psychiatrique, intervient directement depuis la plateforme de régulation.
Crédit : Johan GESREL

Le pari semble déjà gagné pour le SAS psychiatrique du Tarn-et-Garonne. Mis en service le 1er juin 2026 au Centre hospitalier de Montauban (Tarn-et-Garonne), ce dispositif spécialisé intervient en deuxième ligne après un appel au 15. Son objectif : apporter une réponse adaptée aux personnes en souffrance psychique et les orienter vers la solution la plus pertinente, sans systématiquement passer par les urgences. Concrètement, lorsqu'un appel présente une dimension psychiatrique, il est transféré à un infirmier spécialisé. C'est le rôle d'Aliaume Chauvin, infirmier psychiatrique, qui intervient directement depuis la plateforme de régulation : "On vient écouter quel est le problème ou la demande du patient et on va essayer d'y apporter la meilleure réponse possible", explique-t-il.
 
Les situations prises en charge sont très variées : crises d'angoisse, épisodes dépressifs, décompensations psychiatriques, inquiétudes de proches ou encore idées suicidaires. Chaque appel fait l'objet d'une évaluation approfondie avant une éventuelle orientation vers les urgences, un Centre médico-psychologique (CMP), un psychiatre ou le médecin traitant.
 

Une réponse qui réduit l'engorgement des urgences

Les premiers chiffres témoignent d'un besoin réel. Selon Patricia Dargassies, cadre supérieure des urgences au Centre hospitalier de Montauban, 149 appels ont été traités en juin puis 263 en juillet. Surtout, bon nombre de ces situations n'ont finalement pas nécessité de prise en charge hospitalière. "En juin, 95 patients et en juillet 187 auraient été orientés directement vers les urgences psychiatriques sans le SAS. Ils ont finalement été réorientés vers des structures plus adaptées ou maintenus à domicile après une gestion de crise", précise-t-elle.
 
Pour l'établissement, le bénéfice est double : limiter l'errance médicale des patients et éviter l'engorgement des services d'urgence. "Ça permet de ne pas recevoir des patients pour des pathologies qui ne relèvent pas de l'urgence et de les réorienter vers des structures adaptées", souligne Patricia Dargassies. Cette régulation spécialisée s'inscrit ainsi dans l'esprit du Service d'accès aux soins déployé au niveau national, destiné à mieux orienter les patients et à fluidifier les parcours de prise en charge.
 

Une hausse marquée des demandes concernant les mineurs

L'autre enseignement de ces premières semaines concerne les enfants et les adolescents. Les professionnels constatent une progression continue des demandes depuis la crise sanitaire. Pour Aliaume Chauvin, les appels concernent désormais toutes les tranches d'âge. "Il n'y a pas de limite d'âge minimum. On m'a déjà appelé pour des enfants de deux ou trois ans. Mais en moyenne, les prises en charge commencent vers dix ans", indique l'infirmier. Même constat du côté des urgences psychiatriques. Patricia Dargassies observe une augmentation significative des situations impliquant des mineurs. "Après le Covid, il s'agissait essentiellement d'adolescents. Aujourd'hui, cela peut concerner des enfants beaucoup plus jeunes, dès six ou sept ans, voire deux ou trois ans."
 
Pour répondre à cette évolution, un circuit spécifique a été structuré à Montauban. Les jeunes patients ne sont plus accueillis dans les urgences psychiatriques adultes. Ils sont pris en charge via les urgences générales avec l'appui d'équipes spécialisées en pédopsychiatrie. Ouvert tous les jours de 10 h à 22 h, le SAS psychiatrique pourrait encore évoluer. Le Centre hospitalier examine déjà les données d'activité avant d'envisager, à terme, un éventuel élargissement des horaires de permanence.

 

Ecoutez le reportage sur le SAS psychiatrique de Tarn-et-Garonne.