Modifié : 17h43 par
Johan Gesrel

Montech : la Coordination rurale dénonce un "deux poids, deux mesures"

Une trentaine d’agriculteurs de la Coordination rurale se sont rassemblés devant la gendarmerie de Montech (Tarn-et-Garonne) ce mardi 3 novembre 2026 pour soutenir trois exploitants convoqués dans le cadre d’une enquête liée à une action syndicale menée au printemps. La mobilisation s'est déroulée dans le calme.

Une trentaine d'agriculteurs de la CR ont pris le café devant la gendarmerie de Montech.
Une trentaine d'agriculteurs de la CR ont pris le café devant la gendarmerie de Montech.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM

Une trentaine d'adhérents de la Coordination rurale se sont réunis devant la gendarmerie de Montech (Tarn-et-Garonne) ce mardi 3 novembre 2026 dès 8 heures. Une mobilisation organisée en soutien à trois agriculteurs entendus par les gendarmes dans le cadre d'une enquête ouverte après une action syndicale menée en avril dernier. Les trois exploitants sont soupçonnés d'avoir participé au déversement de déchets devant la gendarmerie de Verdun-sur-Garonne. Cette action intervenait alors que le monde agricole contestait la campagne de vaccination obligatoire contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC), une maladie touchant les bovins.
 
Selon les responsables syndicaux présents sur place, aucune poursuite n'a été engagée à ce stade de la procédure. Pour patienter durant l'audition de leurs trois collègues, les manifestants ont installé une table devant la gendarmerie. Cafés et croissants ont été proposés aux agriculteurs venus témoigner leur soutien. La matinée s'est déroulée dans une ambiance calme et sans aucun incident.
 

"Les actions agricoles salissent, mais elles ne détériorent jamais"

Julien Aurières le co-président de la Coordination rurale de Tarn-et-Garonne estime que les agriculteurs visés sont entendus pour des faits relativement banal : "Ce sont des actions agricoles classiques", affirme-t-il. Le responsable syndical considère que la réponse judiciaire apportée à cette affaire est disproportionnée au regard des faits reprochés. "Pourquoi, pour deux bennes, des agriculteurs sont convoqués alors qu'ils n'ont rien dégradé et rien cassé ? Les actions agricoles salissent, mais elles ne détériorent jamais".
 

Une pression dénoncée par le syndicat

La Coordination rurale estime également être davantage ciblée que d'autres organisations professionnelles agricoles. "Aujourd'hui, on voit des actions syndicales menées par d'autres syndicats et nous ne voyons pas de convocations. Nous, pour deux petites bennes, nous sommes convoqués", poursuit le co-président départemental. Julien Aurières évoque même "une pression politique sur la Coordination rurale" et souligne la mobilisation d'une trentaine de personnes malgré les contraintes de la saison agricole.
 
"On reste unis. En pleine saison, voir 30 à 40 personnes se déplacer démontre qu'il existe une solidarité autour de cette situation", ajoute-t-il. Le syndicat assure qu'il restera attentif aux suites de la procédure."Nous souhaitons de tout cœur qu'ils ne soient pas embêtés. Ce sont des travailleurs, pas des voyous. S'il faut se mobiliser à nouveau, nous nous mobiliserons", conclut Julien Aurières.