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14-18 : pourquoi trois Tarn-et-Garonnais ont fini devant le peloton
Historien engagé dans la réhabilitation des fusillés pour l'exemple de la Première Guerre mondiale, Éric Viot sera présent au Super U de Caussade les 6 et 7 novembre. Il y présentera et dédicacera deux ouvrages consacrés à ces soldats exécutés après des procès souvent expéditifs. Parmi eux, trois étaient originaires du Tarn-et-Garonne.
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Plus d'un siècle après les faits, leur destin continue d'alimenter le débat historique. Éric Viot, historien spécialisé dans la question des fusillés pour l'exemple de la Première Guerre mondiale, ira à la rencontre du public les 6 et 7 novembre (de 9h à 18h puis entre 9h et 13h) au Super U de Caussade. À cette occasion, il présentera et dédicacera deux ouvrages consacrés à ces soldats français exécutés par leur propre armée pendant le conflit.
Depuis plusieurs années, il mène un important travail de recherche pour mieux comprendre ces parcours souvent méconnus. Un sujet qui, selon lui, reste parfois mal maîtrisé.
"Beaucoup de choses sont dites au sujet des fusillés, mais finalement, je me rends compte que le sujet n'est pas totalement maîtrisé, y compris par ceux qui s'opposent à la réhabilitation. Donc c'était important pour moi de faire un travail de recherche et de répondre à la question tout simplement : qui étaient ces fusillés, pourquoi on les a fusillés, dans quelles conditions ?"
Selon l'historien, ces hommes ont été victimes d'une justice militaire particulièrement rapide dans les premiers mois du conflit. "Pour moi, ce sont des soldats qui ont été exécutés pour l'exemple. Ça va très vite en début de guerre. Dès qu'il y a une faute commise, on passe rapidement devant un conseil de guerre et on est exécuté dans la foulée."
Trois soldats originaires du Tarn-et-Garonne
Parmi les fusillés pour l'exemple recensés durant la Grande Guerre, trois étaient originaires du Tarn-et-Garonne. Des dossiers qui illustrent, selon Éric Viot, les mécanismes de répression mis en place à l'époque.
L'un d'eux, Casimir Farjounel, a été exécuté pour abandon de poste. "C'est un cas assez classique puisque l'abandon de poste en présence de l'ennemi, ça voulait dire peloton d'exécution en général, puisque l'on n'abandonne pas son poste face à l'ennemi."
Une réhabilitation toujours débattue
Les deux autres soldats tarn-et-garonnais évoqués par Éric Viot ont été condamnés pour des présomptions de mutilation volontaire après des blessures jugées suspectes.
Il s'agit d'Émile Busquet, cultivateur originaire de Saint-Cirq, fusillé le 19 octobre 1914 à Châlons-sur-Marne, et de Roques Cyr Camille, également cultivateur à Saint-Cirq, exécuté le 7 janvier 1915 au même endroit. Dans les deux cas, l'accusation repose principalement sur les conclusions du médecin militaire Buy et aucun témoin n'est venu confirmer les faits reprochés. Les dossiers font également état d'irrégularités de procédure lors de leur passage devant le conseil de guerre.
"C'est-à-dire des soldats qui avaient une blessure suspecte. Le soldat, souvent sans témoin, allait devant le conseil de guerre et, en début de guerre, c'était le peloton d'exécution", rappelle l'historien.
La question de leur réhabilitation reste aujourd'hui au cœur du débat politique et mémoriel. Un projet de loi visant à réhabiliter les fusillés pour l'exemple de la Première Guerre mondiale a récemment été adopté par l'Assemblée nationale avant d'être rejeté par le Sénat.
Les rencontres organisées à Caussade permettront ainsi au public de découvrir ces trajectoires individuelles, mais aussi de mieux comprendre un épisode toujours sensible de l'histoire française.
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