Publié : 19 mai 2026 à 20h27 par
Johan Gesrel
Montauban : prison avec sursis dans une affaire d’exploitation de saisonniers agricoles
Le tribunal correctionnel de Montauban (Tarn-et-Garonne) a condamné ce mardi 19 mai 2026 un homme et une femme pour escroquerie, fraude sociale et travail dissimulé dans le milieu agricole. Les faits se sont déroulés entre 2023 et 2025 à Montauban et Montalzat.
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Le tribunal judiciaire de Montauban - Illustration.
Crédit : Johan Gesrel
Le tribunal correctionnel de Montauban (Tarn-et-Garonne) a rendu son jugement ce mardi 19 mai 2026 dans une affaire d’escroquerie, de fraude sociale et de travail dissimulé touchant le secteur agricole local. Une femme a été condamnée à un an de prison avec sursis et un homme à deux ans de prison avec sursis pour des faits commis entre 2023 et 2025 à Montauban (Tarn-et-Garonne) et Montalzat (Tarn-et-Garonne).
Les deux prévenus écopent également d’une interdiction d’exercer toute activité professionnelle en lien avec l’agriculture pendant cinq ans. Une peine inférieure aux réquisitions du parquet formulées lors de l’audience du lundi 31 mars 2026, où le ministère public avait requis trois ans de prison avec sursis contre l’homme, un an avec sursis contre la femme, ainsi que quinze ans d’interdiction professionnelle dans le milieu agricole.
776 000 euros à rembourser à la MSA
Dans ce dossier, la Mutualité Sociale Agricole, partie civile, obtient gain de cause. Les juges ont condamné les deux prévenus à lui verser 776 000 euros au titre du préjudice financier. Ils ont également ordonné la saisie d’une montre de luxe et de 12 000 euros présents sur les comptes bancaires des condamnés.
Les enquêteurs ont mis au jour un système organisé visant des saisonniers marocains, recrutés pour travailler dans des exploitations agricoles du Tarn-et-Garonne. Les deux rabatteurs présumés leur faisaient payer jusqu’à 10 000 euros pour venir en France, sans garantie de salaire ni de titre de séjour. Certains travailleurs se sont retrouvés dans une situation de grande précarité, contraints de dormir à l’extérieur.
Deux victimes reconnues par la justice
Au cours de l’enquête, les services judiciaires ont évoqué jusqu’à 278 travailleurs dissimulés. Le parquet avait qualifié ce dispositif de véritable « exploitation de la misère humaine ». Malgré l’ampleur estimée du phénomène, seuls deux travailleurs marocains ont déposé plainte. Reconnus victimes par le tribunal, ils se verront chacun verser 10 000 euros au titre du préjudice moral et matériel, ainsi que 600 euros pour les frais d’avocat.
À l’issue du délibéré, interrogé par TOTEM, Me Aziz Hedabou, avocat de la défense, "n’a pas souhaité réagir" tout comme l'avocate de la MSA.
Le Tarn-et-Garonne, souvent présenté comme le « verger de la France », est le premier producteur national de pommes et de prunes de table et bientôt le premier pour les kiwis. Le département emploie en moyenne 22 000 saisonniers chaque année pour la cueillette et l’entretien des parcelles, majoritairement originaires du Maroc, de Bulgarie et d’Espagne. Un secteur sous tension, régulièrement surveillé par les services de l’État et les organismes sociaux.
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