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Johan Gesrel

Montauban : "On va y arriver", la reprise de la SEHOC se dessine

Réunis ce mardi 13 octobre 2026 devant le tribunal de commerce de Montauban (Tarn-et-Garonne), les salariés de la SEHOC ont vécu une étape décisive dans l'avenir de leur association. Un seul projet de reprise reste en lice. De quoi entrevoir une sortie de crise après des mois d'incertitudes, même si les inquiétudes demeurent nombreuses.

Les représentantes du CSE de la SEHOC devant le tribunal de commerce de Montauban.
Les représentantes du CSE de la SEHOC devant le tribunal de commerce de Montauban.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM
Sous le barnum de la CGT installé devant le tribunal de commerce de Montauban (Tarn-et-Garonne), salariés, représentants du personnel et syndicalistes ont attendu ce mardi 13 octobre 2026 l'issue d'une audience déterminante pour l'avenir de la Sauvegarde de l'Enfance Haute Occitanie (SEHOC). Fragilisée par de graves difficultés financières, la structure accompagne 2.300 enfants relevant de l'aide sociale à l'enfance dans le Lot, le Tarn, le Gers et le Tarn-et-Garonne.
 
Pour Florence Lagarrigue, déléguée CGT, cette audience marque la dernière grande étape de la procédure : "Aujourd'hui, il ne reste plus qu'un binôme de repreneurs. Les autres candidats se sont retirés au fil des semaines, notamment après les avis défavorables émis par plusieurs financeurs comme les conseils départementaux." Alors qu'ils étaient encore sept candidats au départ, il ne reste en effet qu'un seul projet de reprise porté par l'ARSEAA et l'ADSEA 32.
 
L'ARSEAA reprendrait 182 salariés et la quasi-totalité des activités, tandis que l'ADSEA 32 reprendrait 13 salariés dans le Gers. Le tribunal de commerce a mis sa décision en délibéré au 5 novembre prochain. 
 

Des salariés éprouvés par un an de crise

Si la perspective d'une reprise est accueillie avec soulagement, les équipes restent marquées par une année particulièrement difficile. Lors du lancement de la procédure, la SEHOC comptait environ 275 salariés. Ils ne seraient plus qu'un peu plus de 200 aujourd'hui. Beaucoup ont quitté l'association ces derniers mois. "Il y a eu beaucoup de départs parce qu'on a vécu une période psychiquement très difficile. Beaucoup de collègues ont préféré partir travailler ailleurs", explique Florence Lagarrigue.
 

Des réserves sur l'organisation future

Si le CSE a rendu un avis favorable à l'offre de reprise, plusieurs interrogations demeurent. Les représentants du personnel s'inquiètent notamment de la nouvelle structuration par pôles envisagée. Ils pointent également la disparition de certains avantages sociaux comme les tickets restaurant et une augmentation du coût de la mutuelle pour les salariés concernés. Autre sujet de préoccupation : le niveau d'activité prévu dans plusieurs services.
 
Selon la motion syndicale, certaines projections dépassent les 100 % d'activité alors que les équipes sortent d'une période éprouvante et que de nombreux postes restent vacants. Claire Laguidon, éducatrice spécialisée et secrétaire du CSE, relève d'ailleurs que "les repreneurs envisagent une augmentation de l'activité dans les deux prochaines années avec des moyens constants."
 

Premier échange avec les repreneurs

Face à ces inquiétudes, les futurs repreneurs se veulent rassurants. Président de l'ARSEAA, Bertrand Dupré a rappelé devant les salariés réunis devant le tribunal que son association existe depuis 1943 et défend un modèle fondé sur la proximité avec les territoires : "Nous allons reprendre 182 salariés et suivre 2.000 enfants." Le directeur général de la structure, Stéphane Pareil, a également affiché sa confiance : "On veut maintenir la prise en charge des enfants et conserver les emplois. On va y arriver. Il y a de l'activité en face."
 
Pour les salariés de la SEHOC, l'attente se poursuit désormais jusqu'au 5 novembre. Derrière les chiffres, les procédures et les projets de reprise, l'enjeu reste avant tout humain : préserver les emplois mais aussi garantir l'accompagnement de milliers d'enfants dans quatre départements d'Occitanie.