Modifié : 21h06 par
Johan Gesrel

VIDEO. Montauban : topless pour dénoncer "la réalité qui n'a rien de rose" du cancer du sein

Le samedi 3 octobre 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne), Véronique Piaser Moyen a publié sur Facebook une photo d'elle torse nu. Un cliché réalisé pour dénoncer ce qu'elle considère comme la face cachée d'Octobre Rose. Son témoignage a été vu plusieurs centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. Elle témoigne en exclusivité sur TOTEM.

Véronique Piaser-Moyen devant sa photo "topless" prise dans son salon.
Véronique Piaser-Moyen devant sa photo "topless" prise dans son salon.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM
Lunettes de soleil, attitude rock et slogan revendiqué : "topless pour octobre en colère". La photo publiée par Véronique Piaser Moyen n'est pas passée inaperçue. Cette écrivaine de Montauban (Tarn-et-Garonne), touchée par une récidive de cancer du sein, a choisi de montrer son corps marqué par la maladie pour interpeller sur la réalité du parcours des patientes. 
 
Selon elle, les animations et manifestations organisées dans le cadre d'Octobre Rose donnent parfois une image trop festive d'une maladie qui bouleverse durablement des vies. "Lorsque je vois qu'Octobre Rose est une fête dans les rues, que les gens dansent avec des perruques roses ou portent des rubans roses en pensant être utiles, moi j'ai voulu montrer une autre réalité du cancer du sein", explique-t-elle. Après avoir aperçu des personnes cherchant un ruban rose pour participer à l'ambiance du mois d'octobre, Véronique est rentrée chez elle en colère. Elle a alors demandé à son mari de la photographier torse nue avant de retravailler soigneusement l'image. "Je voulais que cette photo soit très belle", confie-t-elle.
 

"Pour moi, Octobre Rose est devenu Octobre noir"

À travers cette publication, l'écrivaine souhaite mettre en lumière les conséquences physiques et psychologiques du cancer du sein, notamment après une mastectomie. "Pour moi, Octobre Rose, je vais être dure, c'est un peu une mascarade", affirme-t-elle. Une phrase qui résume sa démarche. Véronique estime que les campagnes de sensibilisation ne montrent pas toujours ce que vivent les malades au quotidien. 
 
"La réalité, c'est la réalité du cancer qui n'a rien de rose. C'est le choc de l'annonce, l'opération, les suites opératoires, l'angoisse de la suite de ce qui va arriver. On n'est jamais sûr de guérir." Elle ajoute : "Pour moi, c'est octobre noir. Le cancer n'a rien de rose." Au-delà de la maladie elle-même, elle évoque également le regard des autres sur un corps transformé. "J'ai voulu faire cette photo pour dire : vous voulez me regarder ? Vous voulez savoir comment je suis ? Eh bien voilà, je suis comme ça et je l'assume."
 

Une photo vue des centaines de milliers de fois

Alors que Facebook est régulièrement critiqué pour la modération de certaines images montrant la nudité, Véronique craignait que sa publication soit supprimée. "Ma peur, c'était d'être censurée. J'avais l'impression que, encore une fois, j'allais être bâillonnée." Mais la plateforme n'a finalement pas retiré la photo. Quelques heures après sa mise en ligne, les vues se sont multipliées. "Quand j'ai vu que la photo n'avait pas été censurée et que le compteur des vues grimpait à toute vitesse, je me suis dit : Facebook valide le fait que je n'ai plus de seins en ne me censurant pas. C'était une joie, mais c'était aussi très violent." Les réactions reçues ont été majoritairement bienveillantes, confortant l'autrice dans sa démarche.
 

"Mettre un ruban rose, ce n'est pas suffisant"

Si Véronique reconnaît l'importance de la sensibilisation au dépistage du cancer du sein, elle appelle également à davantage d'attention envers les femmes confrontées à la maladie. "C'est bien d'encourager les femmes à aller se faire dépister. Mais ce n'est pas une fête. Le parcours d'une femme qui a un cancer du sein, c'est un calvaire, c'est un parcours de douleur." Son message se veut avant tout humain. "Mettre un ruban rose, ce n'est pas suffisant. Il faut aller vers ces femmes qui ont souffert et leur demander : comment allez-vous ?" Et de conclure : "Je demande simplement que lorsqu'on me croise dans la rue, on me dise : comment ça va Véronique ? Voilà, moi c'est ça qui peut m'aider."