Publié : 16h42 par
Johan Gesrel

Montauban : la Sehoc confrontée à une audience décisive

Ce mardi 10 mars 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne), les salariés de la Sauvegarde de l’enfance Haute Occitanie ont manifesté en marge d’une audience d’étape liée au redressement judiciaire de la structure, fragilisée par de lourdes difficultés financières.

Une soixantaine de salariés ont manifesté devant le tribunal de Montauban ce mardi 10 mars 2026.
Une soixantaine de salariés ont manifesté devant le tribunal de Montauban ce mardi 10 mars 2026.
Crédit : Johan Gesrel

L'émotion était palpable ce mardi 10 mars 2026 devant le tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne), où la Sauvegarde de l’enfance Haute Occitanie (Sehoc) a été convoquée dans le cadre d’une audience d’étape de sa période d’observation. Une soixantaine de salariés venus du Lot, du Tarn-et-Garonne, du Tarn et du Gers ont manifesté pour exprimer leurs inquiétudes quant à l’avenir de la structure, engagée dans une procédure de redressement judiciaire.
 

Des services menacés de fermeture

Dans son rapport remis le vendredi précédent, l’administrateur judiciaire évoque notamment la possible fermeture de deux services, une perspective vivement contestée par l’intersyndicale. "La gouvernance soutient ces fermetures alors qu’elle est elle-même à l’origine des difficultés", affirme Florence Lagarrigue, déléguée syndicale CGT.
Selon elle, la situation la plus critique concerne le centre éducatif fermé de Borde Basse, implanté à Saint-Paul-d'Espis (Tarn-et-Garonne), actuellement fermé à titre administratif. "Ce service est asphyxié financièrement parce que 476 000 euros de provisions, alloués notamment par la PJJ pour des travaux, ont été ponctionnés par la direction générale sans autorisation du financeur", affirme Florence Lagarrigue.
Les financeurs – dont la Protection judiciaire de la jeunesse – auraient cessé de verser les prix de journée depuis trois mois pour compenser ces mouvements de fonds, entraînant un effet domino sur les finances globales de l’association.
 

Une perte de confiance généralisée

Dans un contexte déjà tendu, les financeurs – les quatre départements concernés ainsi que la PJJ – auraient eux-mêmes saisi le procureur de la République. "Ni les salariés ni les financeurs ne font confiance à cette gouvernance", insiste Florence Lagarrigue.
L’administrateur propose la nomination d’un manager de transition, mais le comité social et économique s’y oppose. "Cela alourdirait encore l’endettement. Nous demandons la désignation d’un administrateur provisoire, comme l’ont demandé les financeurs", précise la représentante CGT.
Sur le terrain, la situation devient complexe. Au centre d’accueil et d’orientation Jacques-Filhouse, situé à Montauban (Tarn-et-Garonne), les équipes craignent de ne plus disposer des budgets nécessaires pour assurer leurs missions de base. Certains salariés sont en arrêt maladie, d’autres envisagent de quitter la structure.

Une décision reportée

À l’issue de l’audience de ce mardi, aucune décision définitive ne sera rendue. Une ordonnance sera prononcée ultérieurement. "L’avenir est incertain et anxiogène", reconnaît Florence Lagarrigue. Malgré tout, les salariés continuent d’assurer leurs missions auprès des enfants confiés par les juges, dans des conditions qu’ils jugent de plus en plus dégradées.