Modifié : 7 août 2026 à 20h22 par
Johan Gesrel
Montauban : « Ce mur ne m’appartient plus, il appartient aux gens », la fresque géante de 360 m² de 100TAUR
Ce vendredi 7 août 2026, l’artiste plasticien 100TAUR achève à Montauban (Tarn-et-Garonne) une nouvelle fresque monumentale de plus de 360 m² inspirée du Songe d’Ossian d’Ingres. Une œuvre commandée par la Ville qui témoigne de l’essor du street art dans l’espace public.
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100TAUR devant la fresque géante du quartier Villebourbon.
Crédit : Johan GESREL
Depuis le début du mois de juillet, les passants qui empruntent l’entrée de ville côté Toulouse ont pu observer l’évolution d’un impressionnant chantier artistique place Saint-Orens à Montauban. Suspendu à plusieurs mètres de hauteur, l’artiste montalbanais Nicolas Giraud, plus connu sous le nom de 100TAUR, vient d’achever une nouvelle fresque inspirée de l’univers du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres. Cette création monumentale couvre plus de 360 m² et constitue la plus grande réalisation de l’artiste dans sa ville natale.
Visible de loin, cette œuvre intitulée « La vérité dans le rêve » s’inscrit dans la continuité d’une première fresque réalisée en 2019 lors de la réouverture du musée Ingres Bourdelle. Cette dernière avait disparu avec la démolition d’un bâtiment municipal dans le cadre des travaux d’agrandissement de l’hôtel de ville. « Je ne voulais pas refaire le même mur. Une peinture appartient toujours au moment où elle est créée. Depuis 2019, j’ai gagné en technique, mais surtout dans ma manière de raconter une histoire. J’avais envie de reprendre cette peinture et de l’emmener plus loin », explique Nicolas Giraud.
Une œuvre inspirée d’Ingres et de la mythologie
Dans cette nouvelle interprétation du Songe d’Ossian, l’artiste met en scène deux figures principales. D’un côté, Ossian apparaît sous la forme d’une chouette, symbole de sagesse dans la mythologie grecque. De l’autre, son fils prend les traits d’un renard guerrier, personnage déjà présent dans la fresque originelle. Autour d’eux gravitent une biche portant une harpe, des guerriers fantomatiques, des oiseaux et une végétation foisonnante.
L’artiste considère cette réalisation comme l’aboutissement de plusieurs années de travail à Montauban. « D’un point de vue de la taille du mur, c’est la plus grande. D’un point de vue de la difficulté de réalisation, c’est aussi la plus complexe. Pour moi, c’est un peu l’aboutissement de toute la série de murs que j’ai faite sur Montauban », souligne 100TAUR. Le chantier n’a pas été de tout repos. Soumis à plusieurs épisodes caniculaires, l’artiste et ses collaborateurs ont dû adapter leurs horaires pour travailler essentiellement le matin afin d’éviter les fortes chaleurs et les difficultés liées à l’utilisation des peintures et des bombes aérosols.
Le street art s’impose dans les villes moyennes
Cette nouvelle fresque illustre également une tendance observée dans de nombreuses collectivités : le développement des commandes publiques de street art et de muralisme. Longtemps associé à une pratique marginale, le graffiti est aujourd’hui intégré aux politiques culturelles de nombreuses communes. « Il y a de plus en plus d’appels à projets ou d’appels d’offres lancés par des villes de moyenne ou de petite taille. Il y a un engouement pour le muralisme mais aussi une volonté de réhabiliter certains bâtiments tout en racontant une histoire », analyse Nicolas Giraud.
Pour l’artiste, ces fresques permettent aussi de créer un pont entre l’art urbain et les institutions culturelles. Il espère d’ailleurs qu’un dispositif explicatif sera installé à proximité de l’œuvre afin d’inciter les habitants à découvrir les collections du musée Ingres Bourdelle. Au moment de quitter le chantier, l’artiste retient surtout le lien créé avec les habitants du quartier et les nombreux messages reçus depuis la disparition de la précédente fresque. « Ce mur ne m’appartient plus, il appartient aux gens. Quand l’ancien mur a été détruit, j’ai reçu tellement de messages que j’ai compris qu’il faisait désormais partie de leur histoire », confie Nicolas Giraud.
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