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Johan Gesrel

Montauban : 15 000 arbres, impôts, trottinettes... les annonces de Didier Lallemand

Six mois après son élection à la mairie de Montauban (Tarn-et-Garonne), Didier Lallemand dresse un premier bilan de son mandat. LGV, boulevard d'Occitanie, Maison du peuple, sécurité ou encore fiscalité : le maire assure être désormais entré "dans le dur des projets".

Didier Lallemand maire de Montauban.
Didier Lallemand maire de Montauban.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM

Six mois après votre élection, avez-vous pris la mesure de vos nouvelles fonctions de maire ?

Les trois premiers mois, ce sont des mois un peu compliqués parce que c'est la mise en place avec les commissions, les élections. Depuis début septembre, je considère qu'on est rentré dans le dur des projets et que le rythme s'accélère et c'est très bien. Je suis très content du dynamisme de l'équipe et de voir que les projets avancent de manière très significative.

 

Ce mardi, les lycéens vont se mobiliser à travers une manifestation prévue à Montauban. Quel message vous souhaitez leur adresser ? 

Je pense qu’un certain nombre de leurs revendications sont tout à fait légitimes. J'ai entendu parler des problématiques de Parcoursup, des difficultés de remplacement des professeurs... Par contre, ce que je ne valide pas et ce que je n'accepte pas, c'est le fait qu’il y ait des débordements et des dégradations. La violence n'est jamais une réponse adaptée, quel que soit le dossier. Je pense qu'il faut d'abord négocier. Je remercie les forces de l'ordre, à commencer par la police municipale, mais aussi la police nationale et la gendarmerie intervenue en renfort, en particulier sur le lycée Bourdelle. Les lycéens sont tout à fait aptes à manifester. Par contre, ce que je n'aime pas et ce que je n'accepte pas, c'est tous les gens qui s'agrègent autour non plus pour revendiquer un sujet, mais pour casser et pour affronter les forces de l'ordre. 

 

Un des premiers chantiers que vous avez engagé, c'est celui du jardin du tour de ville. Où en est-on du calendrier de ce grand puzzle ? 

Les travaux se poursuivent. Il y a encore des travaux sur la place Desnoyers puisqu'avant de refaire le sol il y avait tout un travail de dévégétalisation des murs. C'est en cours. Ensuite, on va continuer sur le bord de Tarn jusque au vallon de la Mandoune. Et puis on remontera ensuite. Mais c'est un projet qui suit son cours.

 

Boulevard d'Occitanie, avenir de la Maison du Peuple...

 

L’esplanade des fontaines va être rénovée, à peine vingt ans après son inauguration… ce n’est pas un peu tôt ?

Concernant l'esplanade, nous avons eu un contentieux avec le porteur de ce projet. Nous avons gagné au tribunal. La rénovation de l'espace empierré sera portée par les fonds qu'on a obtenu à l'issue de ce procès. Mais je pense aussi que c'était le moment de se réinterroger sur la manière dont ça a été fait. Les vérités d'il y a vingt ans ne sont plus les vérités d'aujourd'hui. Je prévois la plantation de 15 000 arbres sur Montauban. Je pense qu'on a besoin de ramener de la végétation au cœur de ville. Étant donné l'été que nous avons eu, je pense que c'est une bonne décision. Et puis c'est assurer encore une fois le confort et la qualité de vie des Montalbanais. 

 

Concernant le boulevard d'Occitanie, une consultation publique vient d’être lancée pour la partie sud de ce grand chantier. Quel en sera le calendrier ?

D'abord, il ne faut pas oublier l'inauguration du tronçon n°2 qui est prévue dans les jours qui viennent. Il va permettre de relier définitivement le nord de Montauban jusque à la traversée du Tarn sur le pont de l'Avenir. Cela va beaucoup améliorer et pacifier les circulations dans toute la zone de Bas-Pays. Les gens l'attendent. La consultation concerne les tronçons n°4 et 5. Il fera repartir du rond point de Renault au bord du Pont de l'avenir vers la future gare LGV et le futur hôpital. L'objectif est de lancer une Déclaration d’Utilité Publique au 1er janvier 2028, ce qui nous permettra ensuite de démarrer des travaux de manière très opérationnelle, en particulier pour desservir, au moins dans sa phase de construction, le nouvel hôpital. Le projet suit son cours.

Vous le savez, quand le Premier ministre Sébastien Lecornu est venu à Toulouse pour annoncer le caractère irrémédiable de la ligne LGV, ça a mis l'ensemble des acteurs dans une dynamique positive et constructive. Aujourd'hui, plus personne ne peut opposer d'arguments en disant oui mais non. Maintenant, il faut avancer et j'aime beaucoup cette fédération des énergies. On est en train de dessiner le territoire des cinquante prochaines années.

 

Allez vous mener à bien votre projet de refaire la Maison du peuple ?

Je veux rendre la Maison du peuple à l'ensemble des Montalbanais. On a plusieurs projets qui sont concurrents avec des contenus différents. Dans les mois qui viennent, on va choisir ce qui sera l'avenir de la Maison du peuple. Je souhaite ramener de l'activité dans cette rue un petit peu abandonnée. Ce sera un projet mixte puisqu’il y a le rez-de-chaussée mais aussi deux étages un éventuel rooftop. C'est un beau projet mais qui prend un petit peu de temps à se concrétiser, mais c'est tout à fait normal.

 

Hôtel de luxe, trottinettes électriques et friche Nautica

 

Où en est-on de ce projet hôtelier près du Jardin des Plantes qui prévoit la création de deux hôtels (un 3 étoiles et un 4 étoiles) en face du futur hôtel de ville?

J’ai reçu le porteur du projet il y a quelques semaines. Je le reçois à nouveau dans les jours qui viennent et ça sera pour moi le rendez-vous de la dernière chance. Ou il lance son projet, ou je remettrai ce projet sur l'ouvrage. Mais il y aura un porteur de projet, que ce soit l'actuel ou le futur. Je pense que la ville de Montauban a besoin de cet hôtel à cet endroit et on y travaillera sans aucun problème. 

 

Parlons maintenant des friches toujours visibles sur Montauban et qui gâchent parfois l’image de la ville. On pense à l’ancienne piscine Nautica vendue à un privé en 2013.

Villebourbon, c'est une de mes priorités de ce mandat. Je veux vraiment que la puissance publique s'exerce complètement dans ce quartier. Nautica, a été vendu à un privé qui avait un projet ambitieux de rénovation. Malheureusement, le projet s'est télescopé et a pris de plein fouet le COVID. Le projet n'a pas vu le jour. Je vais revenir vers les porteurs. Il faut au moins que la vision qu'on ait du site soit améliorée.

Je vous donne un autre exemple, sur le l'entrée de ville de Villebourbon, à l'ancien moulin du Sapiacou. On a rénové totalement l'écluse qui est aujourd'hui opérationnelle. Les premiers bateaux sont descendus dans le Tarn. On a décidé de reporter son inauguration à mars-avril. D'ici là, j'ai demandé aux services de la Ville de poser plus de cente mètres de clôture bois et métal. J'ai demandé au collectif de graffeurs Reso d’intervenir pour du street art. L'objectif est de rendre un peu plus agréable cette entrée de ville. 

 

Autre friche, celle de l’ancien site Bouyer en zone nord. Des travaux de désamiantage ont eu lieu, puis plus rien….

Je vais recevoir le propriétaire. Moi aussi, je trouve que cette image n'est pas bonne pour Montauban, donc je vais l'inciter à faire quelque chose. Sinon on verra ce que la puissance publique peut faire, en particulier pour l'obliger à rendre ce site au moins agréable à l'œil.

 

Dans le centre-ville, on voit pulluler les trottinettes électriques avec parfois des vitesse excessives. Par ailleurs vous aviez promis un assouplissement sur la circulation des vélos. Où en est-on ?

Nous travaillons avec l’association Montavélo. Je vais les recevoir très bientôt. Je me suis positionné sur un assouplissement de cet arrêté du centre ville, en particulier le matin ou tard en fin d'après-midi. Par contre, ma préoccupation ce sont les trottinettes. Je suis effondré de voir des gens casqués qui remontent la rue de la Résistance à des vitesses totalement excessives. J’ai fixé des objectifs à la police municipale. Mais nous sommes dans un état de droit et c'est très compliqué. Il faut déjà arriver à arrêter le conducteur. Si on arrête la trottinette, on peut la confisquer et il suffit que le propriétaire nous montre son titre de propriété. Alors on va lui donner une amende. Je ne voudrais pas être le maire qui dois revenir à votre micro pour évoquer un accident au centre-ville.

 

Chasse aux moustiques, baisse d'impôts, Brigitte Barèges et... Céline Dion !

 

Les moustiques tigres eux aussi pullulent cet été et gâchent la vie des habitants qui ne peuvent profiter de leur jardin ou des parcs publics. Qu’allez-vous faire ?

Tout ça est lié à la météo. Nous avons des contraintes très lourdes en termes d'utilisation de produits. Si nous avons dans des quartiers une invasion significative de moustiques, il y a des traitements qui sont possibles. Après, c'est aussi le rôle de chacun de ne pas laisser d'eau stagnante. Des habitants me disent aussi que c'est un scandale de laisser les herbes sur les trottoirs. Aujourd'hui, nous n'avons plus le droit d'utiliser des produits phytosanitaires. C'est dans le code civil, c'est le rôle de chacun de nettoyer le trottoir devant chez lui. Pour les moustiques, c'est un peu la même réponse. Il faut que chacun prenne sa part dans ce projet d’éradication.

 

Vous vous êtes engagé à ne pas augmenter les impôts. Pouvez-vous les baisser au regard de l’inflation qui touche les ménages ?

Maintenir le taux des impôts locaux, c'est une performance parce que ça nous permet de porter nos projets. Maintenir le taux des impôts locaux quand il y a de l'inflation, c'est finalement les baisser. Les taux ont bien été maintenus et c'est bien mon objectif sur tout le mandat. Si on parle de budget 2027 en cours de discussion à l’assemblée, j'espère que l'État ne va pas encore une fois taper sur les collectivités locales et baisser les dotations. On ne peut pas à la fois maintenir les taux et puis se faire encore une fois ponctionner des fonds qui nous sont utiles pour l'ensemble des projets.

 

Un grande tête d’affiche sera annoncée le 19 octobre pour se produire au stade de Sapiac l’été prochain dans le cadre de Montauban en Scènes. Vous pouvez nous en dire plus ?

Bien évidemment, ce sera Johan Gesrel et son grand orchestre…ou Céline Dion… !! (rires). Plus sérieusement, Je peux juste vous annoncer la date. Ce sera le 11 juillet 2026. Sapiac sera prêt. On travaille en ce moment avec le club de rugby. L'accueil d'un artiste n’est pas problématique. C'est plutôt les aspects de sécurité du site liée à une jauge un peu plus élevée. En même temps, on aura des travaux dans Sapiac sur le l'extension de la tribune qui va être faite avant cette fin d'année avec une extension de 1000 places. L'été prochain était prévue la couverture de cette tribune. On gérera au mieux la concomitance des deux événements mais j'ai une grande confiance dans les services.

 

Brigitte Barèges grâce à qui vous avez été élu maire a été battue aux dernières élections sénatoriales. Brigitte Barèges peut-elle revenir dans le giron de la mairie ?

C’est juste impossible aujourd'hui puisqu’elle n'est pas élue à Montauban. J'ai confiance en elle. On a beaucoup d'échéances devant nous dans ce département et dans ce territoire. C'est une femme politique de valeur. J'ai toujours apprécié son engagement au bénéfice du territoire. Je suis sûr que dans les mois et dans les années qui viennent, elle aura un plein rôle dans ce territoire. Mais pour l'instant, ce n'est pas à la mairie de Montauban.