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Hélène Gosselin - Journaliste

Ismaël, élève de Seconde : "L'éducation nationale c'est un investissement, ce n'est pas un coût"

Les lycéens lozériens ont manifesté dans le calme ce mercredi 7 octobre à Mende. Les annonces du Gouvernement ne les ont pas convaincus. Ils étaient soutenus par une centaine d'adultes.

Le cortège s'élance depuis le lycée Chaptal à Mende
Le cortège s'élance depuis le lycée Chaptal à Mende
Crédit : Hélène Gosselin/TOTEM

C'est ce mercredi 7 octobre que les lycéens ont défilé à Mende (Lozère). Alors que les manifestations ont eu lieu dans toute la France la veille et qu'un autre appel au rassemblement est lancé pour ce jeudi 8 octobre, les Lozériens ont fait le choix du mercredi midi pour impacter le moins possible les cours. 

Le rendez-vous était donné devant le lycée Chaptal à Mende à 12h00, même si c'était un horaire difficile. "Les gens qui sont là sont motivés et ils ne veulent pas spécialement rater des cours", pose Ismaël, en Seconde au lycée Chaptal, avant le départ du défilé. "Notre but, c'est vraiment de manifester, de se révolter"

Le cortège d'une cinquantaine d'élèves composé d'élèves du "Chap", mais aussi du lycée Peytavin et de Saint-Joseph a tout d'abord pris la direction du lycée Notre-Dame.

Dans le groupe, certains ont entendu les annonces du Gouvernement, beaucoup n'en connaissent pas les détails. Concernant l'interdiction d'utiliser les grenades antibruit, telles que celle qui a très gravement blessé un lycéen de 15 ans à Lens, IsmaËm répond :  "Ce que l'on veut c'est quelque chose qui change vraiment dans l'éducation nationale, on ne veut pas changer la façon dont on se fait taper dessus. Ils pensent que c'est un coût, alors que l'éducation nationale c'est juste un investissement et pas du tout un coût." 

Yacine : "Pour nous entendre, ils voudront un mort"

Rémi, qui suit sa scolarité au lycée Peytavin, n'est pas très convaincu par les propositions. Pour lui "c'est beau de dire des trucs, mais s'ils ne le font pas..." et il laisse sa phrase en suspens. Phrase sur laquelle rebondit Yacine qui constate : "On a dû faire des blocus pour qu'ils nous entendent alors que normalement ils devraient le faire d'eux-mêmes et pas attendre qu'on agisse pour y répondre. Il y a eu des blessés et je pense que pour nous entendre, ils voudront un mort". 

Ils précisent ne pas être pour la violence et croire en l'efficacité d'une mobilisation pacifique, sans dégrader les biens. "On demande plus de moyens, on ne veut pas dégrader ceux que l'on a !", s'exclame Lilou, qui vient de Saint-Joseph, "par solidarité". 

Quant à Rosane, qui n'est plus au lycée mais galère encore avec Parcoursup pour sa réorientation, le malaise va bien au-delà des revendications lycéennes :

Il y a beaucoup d'endroits où on s'est fait réprimer par les forces de l'ordre donc on se rend compte que le problème est plus profond qu'un 8h-18h. Moi, j'ai vu des milliers de commentaires disant : "Ah, mais ils manifestent pour 08h-18h alors que nous, on n'a pas de week-end, on fait machin, on fait bidule...", mais manifestez ! Faites-vous entendre aussi parce que ça dépasse le mouvement lycéen justement. Il y a des facs qui se mobilisent, les pompiers, les infirmières et les infirmiers...  Il y a la France entière qui a des choses à revendiquer en fait." Elle rappelle également qu'un appel à manifester est lancé pour le 17 octobre. 

Quelques mètres derrière les lycéens, une centaine d'adultes, syndicalistes, membres de la France insoumise, enseignants, parents ou simples citoyens ont participé au défilé, sans drapeau ni fanion, à la demande des lycéens. 

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