Modifié : 17h48 par
Stéphane Jacquemin

Gramat : la Coordination rurale annonce bloquer l’abattoir après la découverte d’agneaux irlandais

La découverte de viande d’agneau d’origine irlandaise, conditionnée à l’abattoir de Gramat puis commercialisée dans des grandes surfaces de Sud-Est, met le feu aux poudres dans le Lot. La Coordination rurale dénonce une situation jugée incompréhensible alors que de nombreux éleveurs locaux peinent à vendre leur production.

Barquette de côte d'agneau irlandaise du Lot
La barquette de côtes d’agneau de la discorde trouvée dans une grande surface de Perpignan 
Crédit : ©CR 46

Ce mercredi 19 août dès 6 heures du matin, la Coordination rurale du Lot va lancer une action coup de poing devant l’abattoir de Gramat, exploité par le groupe Bigard. Les militants prévoient de bloquer et contrôler l’ensemble des camions entrant et sortant du site. Une rencontre avec la direction est également annoncée. 

 

À l’origine de la colère : des barquettes de côtes d’agneau d’origine irlandaise, conditionnées à Gramat, retrouvées dans les rayons d’un supermarché de Perpignan. Une situation qui passe mal dans le bassin de production de l’Agneau Fermier du Quercy, l’une des filières emblématiques du territoire. 

 

Les éleveurs réclament de la transparence 

Pour Clément Desport, co-président de la Coordination rurale du Lot, les producteurs veulent comprendre le fonctionnement de l’établissement et connaître le volume d’animaux importés traités sur le site. 

Selon lui, les consommateurs doivent également être mieux informés sur l’origine des produits. Le syndicat souligne notamment un écart de prix entre les côtelettes d’Agneau Fermier du Quercy, vendues entre 27 et 28 euros le kilo en boucherie, et les barquettes d’agneau irlandais observées à près de 34 euros le kilo. 

 

Une dénonciation des importations 

Les représentants du syndicat agricole estiment que le recours à des agneaux importés est difficilement justifiable alors que, selon eux, des centaines voire des milliers d’agneaux produits localement ne trouvent pas preneur ou sont achetés à des tarifs jugés insuffisants. 

La Coordination rurale pointe également l’impact environnemental du transport d’animaux sur de longues distances. Les responsables dénoncent des trajets entre l’Irlande, le Lot et le sud de la France qu’ils considèrent incompatibles avec les objectifs de relocalisation et de réduction des émissions de transport. 

 

Une action pour interpeller la filière 

À travers cette mobilisation, le syndicat entend mettre la pression sur les industriels de la viande. Les agriculteurs réclament un meilleur soutien à la production locale et des prix qu’ils jugent plus rémunérateurs pour les éleveurs du territoire. 

La Coordination rurale rappelle enfin les récentes déclarations de la ministre de l’Agriculture appelant les industriels à faire preuve de solidarité envers les filières françaises. Pour le syndicat lotois, cette solidarité doit d’abord se traduire par un recours prioritaire aux productions locales.

Annonce mobilisation CR 46