Modifié : 18h05 par
Johan Gesrel
Colère lycéenne : des lycées du Tarn-et-Garonne toujours fermés ce mercredi
Ce mardi à Montauban (Tarn-et-Garonne), entre 400 et 500 personnes ont manifesté dans le calme entre l'inspection académique et la préfecture. Une délégation de lycéens et d'enseignants a été reçue par le préfet et le Dasen. Malgré l'annonce de débats dans les établissements, les élèves restent vigilants.
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Peu de lycéens finalement ce mardi dans le cortège montalbanais.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM
Entre 400 et 500 personnes ont défilé ce mardi à Montauban (Tarn-et-Garonne) entre l'inspection académique et la préfecture. Une mobilisation qui s'est déroulée sans incident, alors que tous les lycées publics du département avaient été fermés sur décision du préfet de Tarn-et-Garonne, Sébastien Cauwel.
Cette fermeture exceptionnelle a visiblement limité la présence des lycéens dans le cortège. Les transports scolaires étant également bloqués, la manifestation a surtout rassemblé des enseignants et des parents d'élèves. À la mi-journée, une délégation composée de lycéens et d'enseignants a été reçue par le préfet ainsi que par le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), Cyril Lenormand.
Des réouvertures progressives dans plusieurs établissements
Les établissements doivent reprendre progressivement leur activité. Tous les lycées publics du département rouvriront leurs portes ce mercredi, à l'exception du lycée Michelet de Montauban qui retrouvera un fonctionnement progressif jeudi pour les élèves de 1ere et de Terminale puis vendredi pour les élèves de seconde.
Le lycée Antoine-Bourdelle restera quant à lui fermé jusqu'à lundi pour des raisons de sécurité. Son portail d'entrée a été endommagé lors des récents incidents et ne peut actuellement être sécurisé normalement. Les enseignements seront assurés à distance, a précisé Cyril Lenormand. Les débats lycéens demandés par le Premier ministre Sébastien Lecornu doivent se tenir selon le calendrier de réouverture des établissements. Le Dasen a indiqué qu'il recevrait lui aussi plusieurs délégations d'élèves dans les prochains jours : "J'accueillerai jeudi plusieurs délégations comme je l'ai fait avec Monsieur le préfet ce mardi. Certaines revendications sont tout à fait entendables".
"Nous jugerons sur les actes"
Parmi les représentants reçus en préfecture figurait Émylien, l'un des porte-parole du lycée Michelet. S'il confirme sa participation aux débats annoncés par le Premier ministre, il reste prudent sur leurs résultats. "J'ai l'impression qu'ils essaient surtout d'apaiser les tensions. Pour l'instant, il n'y a pas encore eu d'actions concrètes. Tout dépendra de ce qui sera réellement mis en place", explique-t-il. Le lycéen estime que la poursuite du mouvement dépendra des engagements pris par les autorités. "Si nos revendications sont entendues et qu'il y a des changements, ce sera bénéfique. Mais s'il n'y a rien au bout, cela n'aura servi à rien."
Les élèves souhaitent notamment aborder plusieurs sujets lors des discussions : "En Préfecture, on a parlé du stress lié aux journées de 8 heures à 18 heures, des problèmes de température dans certaines salles de classe et du nombre d'élèves par classe. Ce sont des problématiques concrètes qui ont un impact sur l'apprentissage", souligne Émylien.
Des parents favorables au dialogue
Présente dans le cortège, Laëtitia, parent d'élève et AESH, estime que les récentes images de violences diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux ont pu décourager certains jeunes de participer à la manifestation. "Les émeutiers sont complètement distincts de ceux qui portent des revendications. On peut être en colère et l'exprimer sans tout détruire", rappelle-t-elle. Elle considère également que cette mobilisation peut contribuer à développer l'esprit critique des adolescents : "Il faut encourager nos enfants à avoir des opinions, à se construire et à disposer de toutes les cartes pour faire leurs propres choix."
Malgré la reprise progressive des cours, les prochains débats dans les établissements seront donc observés de près par les lycéens, qui attendent désormais des réponses concrètes à leurs demandes. Des appels pour des blocus organisés ce jeudi 8 octobre sont déjà relayés sur les réseaux sociaux.
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