Modifié : 16h02 par Tiphaine Coulon avec Baptiste Brouillet
Aveyron : "Usés par le travail", les salariés de Porc Montagne en grève
Des salariés de l'abattoir Porc Montagne de Sainte-Radegonde (Aveyron) sont en grève ce vendredi 30 octobre. Ils dénoncent des cadences de travail jugées insoutenables, un recours important à l'intérim et une dégradation des conditions de travail.
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Les salariés de Porc Montagne en grève.
Crédit : Baptiste BROUILLET / TOTEM
Des employés de l'abattoir Porc Montagne de Sainte-Radegonde (Aveyron) sont mobilisés devant leur lieu de travail depuis 7 h du matin ce vendredi 30 octobre 2026. Les salariés dénoncent des conditions de travail qu'ils jugent de plus en plus difficiles, dans ce qui est présenté comme le plus grand abattoir porcin d'Occitanie.
Au cœur de leurs revendications figurent les cadences de production, le manque de personnel permanent et les conséquences sur la santé des employés. Selon les grévistes, l'entreprise fonctionnerait avec une vingtaine de salariés fixes pour plus de 80 travailleurs intérimaires.
"Des cadences qui sont insupportables"
Parmi les salariés mobilisés, Alexandre Bernolin, employé de l'abattoir et délégué syndical Force Ouvrière, décrit un quotidien devenu particulièrement éprouvant.
On est soumis à un rythme qui est imposé par une chaîne avec des cadences qui sont insupportables.
Le représentant syndical met également en avant les conséquences de cette organisation sur la santé des travailleurs. Selon lui, le taux d'absence pour maladie atteindrait 11,5 % dans l'entreprise, soit un niveau qu'il estime largement supérieur à la moyenne observée dans les entreprises privées.
Un licenciement pour inaptitude interviendrait environ tous les deux mois depuis le début de l'année selon le délégué syndical.
Des inquiétudes sur la santé des salariés
Les grévistes souhaitent également attirer l'attention sur les risques physiques liés au travail en abattoir. "On parle tout le temps du bien-être animal, mais jamais du bien-être des salariés", souligne Alexandre Bernolin.
L'employé témoigne de sa situation personnelle. Il indique avoir été victime de plusieurs accidents du travail et souffrir aujourd'hui d'une maladie professionnelle touchant son bras droit. "Je suis droitier. Pour ne pas être déclaré inapte, je travaille de la main gauche", explique-t-il. Il redoute que les gestes répétitifs et le rythme de production n'entraînent à terme de nouvelles blessures, susceptibles de compromettre sa capacité à exercer son métier.
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