Modifié : 19h43

Un Rodez Aveyron Football déjà d'attaque

Le club ruthénois dispute son dernier match de préparation ce samedi à Montpellier, après avoir officiellement présenté ses trois premières recrues de l'été

recrues RAF 2026
De gauche à droite, Damjan Pavlovic, Antonin Cartillier, Mathis Touho
Crédit : TOTEM

Plus qu'une semaine : les supporters du Rodez Aveyron n'auront plus à ronger leur frein très longtemps avant de retrouver leurs héros préférés. Le coup d'envoi de la saison 2026-27 de Ligue 2 est programmé pour le 8 août et c'est à la maison, au stade Paul-Lignon, que les footballeurs ruthénois replongeront dans la compétition face à Laval. Les héros préférés, ce sont ceux qui ont manqué d'un rien la dernière marche avant de disputer la montée en Ligue 1, lors des barrages de l'exercice passé, qui s'est achevé après une folle mais cruelle séance de tirs au but au stade Geoffroy-Guichard face à Saint-Etienne. (0-0, 7 tirs au but à 6) le 15 mai

A l'issue de cette saison qui reste la meilleure de l'histoire du club, les dirigeants ruthénois avaient formulé le voeu d'un mercato estival moins agité que la saison précédente (16 arrivées, 18 départs) .

Pour l'heure et même si le marché n'est qu'au milieu du gué (le mercato s'achèvera officiellement le 1er septembre prochain, (à ... 19h59 !), la tendance est à un renouvellement modéré de l'effectif. Modéré et prometteur.  4 recrues ont fait leur arrivée sur le piton, dont 3 ont été présentées officiellement ce vendredi. 3 joueurs déjà à l'oeuvre lors des matchs de préparation et déjà en vue.

 

Touho, tube de l'été Sang et Or ?  

Difficile de ne pas démarrer par Mathis (encore un Mathis ! ) Touho. L'attaquant de 21 ans formé à Amiens et passé par Le Mans (National) et Foggia (Serie C) , a inscrit pas moins de 5 buts et livré 1 passe décisive lors des confrontations avec Bastia (5-3), Cannes (4-1), Nîmes (2-1)et Toulouse (1-1). Il a d'ailleurs marqué à chacun de ces rendez-vous.

Formé à Amiens et passé par Le Mans (National) et Foggia (Serie C), c'est surtout son passage de six mois la saison passée à Villefranche-Beaujolais qui a séduit le staff ruthénois. Malgré un profil d'ailier, le club est convaincu qu'il saura mettre ses qualités au profit du schéma de jeu sang et or. La préparation semble lui donner raison pour le moment.  De quoi devenir le tube Sang et Or de l'été ? "Il faut, mais ce n'est que la préparation" sourit le jeune buteur. "Le plus important, c'est ce qui arrive la semaine prochaine avec la comptition, et maintenir ça tout au long de l'année". 

 

Antonin Cartillier, le piston du milieu

Deuxième recrue débarquée sur le piton, Antonin Cartillier a lui aussi arpenté les couloirs sur le terrain au fil des saisons. Le gauche, surtout, où le staff du RAF le suit depuis ses premières années de formation à Monaco. Les dirigeants ruthénois y ont vu un profil capable de jouer les pistons tels que le jeu de Didier Santini les aime, sur le plan athlétique et technique. Mais le football est fait de rebondissements et une carrière, d'évolutions. La saison passée, c'est dans un rôle de milieu de terrain que Régis Brouard l'a utilisé à Rouen (National). Et Rodez n'a pas été moins séduit, au point que c'est dans ce secteur qu'il a été recruté. L'attraction a été mutuelle puisque Antonin a été emballé par le "football champagne" pratiqué par l'équipe de Didier Santini. L'idée pour lui est vraiment "de se concentrer sur un poste" et ce rôle de milieu. Ce qui n'empêche pas de l'imaginer en drôle de couteau suisse, piston gauche de formation, capable même de dépanner du côté droit comme il l'a fait d'ailleurs contre le Téféfé en amical le 25 juillet. Antonin Cartillier a déjà joué contre Rodez, sous le maillot à la diagonale lors de la venue de Monaco en Coupe de France en janvier 2024 (1-3), où il était rentré en fin de rencontre. En découvrant Paul-Lignon ce vendredi, il a pu constater que le stade avait "doublé de volume" depuis. 

 

"J'ai encore quelque chose à prouver au football" (Damjan Pavlovic)

A 25 ans, la troisième recrue de l'été Sang et Or est la plus âgée et elle a déjà bien bourlingué sur la planète football : Damjan Pavlovic, double nationalité serbe et belge, arrive du championnat Lituanien, après être passé par la Croatie et avoir été formé au Standard de Liège. Clin d'oeil de l'histoire, c'est là que vient de signer celui qu'il vient remplacer numériquement dans l'effectif ruthénois, Alexis Trouillet. Et c'est dans le même rôle de sentinelle que l'ancien joueur du Panathinaïkos a endossé de plus en plus souvent en fin de saison dernière, que le jeune Serbe est amené à être utilisé en priorité. Pour Guillaume Laurens, il est la "pièce qui vient parfaitement compléter notre puzzle du milieu de terrain". Dans un rôle de sentinelle, donc, pour commencer en tous cas. Car on a vu au fil de la saison passée à quel point Didier Santini avait pris goût à modifier son milieu de terrain à chaque rencontre. Un jeu de chamboule-tout auquel Damjan Pavlovic est prêt à se livrer "pour créer le désordre dans l'équipe adverse". C'est bien le but en effet.

Même si c'est une qualité constatée chez toutes ses recrues de l'été, le staff ruthénois a été particulièrement impressionné par la détermination du jeune milieu de terrain à venir jouer à Rodez et en Ligue 2. Pour Pavlovic, "tout le monde connaît ce championnat et son niveau". Les supporters Sang et Or découvriront le jeune Serbe au fil des semaines, mais son caractère bien trempé frappe déjà dès ses premières déclarations. Lui qui aurait pu céder à des propositions plus exotiques et lucratives, a choisi le challenge Ligue 2 car il estime avoir "encore quelque chose à prouver au football". Damjan Pavlovic a déjà des matchs dans les jambes cette saison car le championnat lituanien épouse le calendrier de l'année civile. Le 20 juin, il jouait encore sous le maillot du Kauno Zalgiris, mais dans un championnat et avec un club au rythme de jeu très différent de la Ligue 2 et de Rodez. Arrivé le 14 juillet sur le piton, il a donc suivi une préparation individualisée et "doit encore monter en intensité" note Guillaume Laurens, le directeur du développement du RAF. 

 

"On s'en fiche qu'iLs viennent de Ligue 3 ou de Lituanie"

Cette première moitié de mercato confirme en tous cas l'appétence de Rodez pour des joueurs issus de National (la nouvelle Ligue 3), ou de championnats étrangers considérés comme secondaires, pas toujours hyper médiatisés. Par souci économique ? "Pas que", oppose Guillaume Laurens, qui pourrait rappeler que c'est en Slovénie que Rodez était allé chercher Timothé Nkada il y a deux ans. "On a les outils d'analyse assez performants pour analyser le niveau de ces championnats, des clubs dans lesquels évoluent ces joueurs, l'adversité à laquelle ils sont confrontés, et leur niveau individuel", in fine bien sûr. Et au-delà de leur niveau, Rodez cherche aussi une "dynamique de carrière" à travers ces profils. Des joueurs qui veulent monter marche après marche. "Dans ces championnats, on trouve beaucoup de jeunes joueurs et on aime les jeunes joueurs" précise aussi Guillaume Laurens. Avec un groupe aux âges semblables, cela créée "des affinités communes", des joueurs "qui vivent bien ensemble...On s'en fiche qu'ils viennent de Ligue 3 ou de Lituanie"...