Publié : 7h38 par
Fabien Taccard Blanchin - Journaliste

“On ressort du Top14 grandi, avec l’ambition d’y revenir” : l'ambition de Sébastien Tillous‑Borde et l'US Montauban

L’US Montauban quitte le Top 14 après une saison éreintante, mais pas sans enseignements. Pour Sébastien Tillous‑Borde, manager de l’USM, la relégation marque surtout le début d’un nouveau cycle. Jeunesse, structuration de l’effectif et prêts ciblés : le club prépare déjà l’avenir.

Sébastien Tillous-Borde, le manager de l'US Montauban
Sébastien Tillous-Borde, le manager de l'US Montauban
Crédit : FTB

 

La descente en ProD2 acte la fin d’un chapitre pour l’US Montauban. Un chapitre intense, marqué par un titre de champion de France la saison passée et une découverte du Top14, rude, mais formatrice.
« Oui, on peut dire que c’est une page qui se tourne », reconnaît Sébastien Tillous‑Borde. « Ce groupe-là est allé chercher le titre la saison dernière, il est sûrement arrivé à l’apothéose de notre rugby il y a un an. »

Malgré les difficultés sportives, le manager voit plus loin que le simple classement. « On a vécu des moments difficiles cette saison, mais qui ont fait grandir le club, que ce soit le sportif, l’administratif, l’associatif aussi. On ressortira de ce Top 14 grandi et avec de l’ambition pour y revenir. »

 

UN EFFECTIF REPENSÉ, PLUS JEUNE, À RECONSTRUIRE

La relégation s’accompagne d’un profond renouvellement de l’effectif. L’USM change de visage.
« On a recruté des joueurs d’expérience, mais aussi des jeunes, explique Tillous‑Borde. La moyenne d’âge va énormément baisser, autour de 25‑26 ans, contre environ 30 cette saison. »

Un rajeunissement assumé, illustré par les hommages aux 17 partants après la rencontre face à La Rochelle, mais qui impose une reconstruction collective. « Ce sera très différent, il va falloir bien construire les choses pour rivaliser dans cette Pro D2. C’est un championnat difficile, et démarrer de la bonne manière sera important. »

Le manager compare cette période à celle vécue deux ans plus tôt, avant la montée : peu de repères communs, une dynamique à recréer. « On va devoir recréer une autre dynamique. »

 

APPRENDRE DU TOP 14 POUR MIEUX REBONDIR

Pour Sébastien Tillous‑Borde, cette première saison en Top 14 comme coach reste une expérience fondatrice.
« On apprend toujours, dans tous les secteurs. Cette montée a permis au club de se développer, de donner de l’allant à nos supporters, à notre ville. On a goûté à certaines choses et on a envie d’y regoûter. »

La Pro D2 n’est donc pas vécue comme une fin, mais comme une étape. L’objectif est clair, sans excès de promesses.
« L’idée, c’est de jouer dans les six premiers, mais on connaît ce championnat. La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Il faut rester humble, bien se préparer, garder les process et rester structurés, peu importe les résultats à court terme. »

PRÊTS, ADAPTATION EN 2e LIGNE… CE QU’IL FAUT RETENIR DU PROCHAIN EFFECTIF

Concernant la construction de cet effectif, le secteur de la deuxième interroge avec de nombreux départs : Uanivi, Bitz, Bradshawn, Moreaux et la seule arrivée de Youssouf Soucouna (22 ans, 1 match cette saison en ProD2.

Mais là encore, le manager temporise. « Les numéros 5 Lewis (Bean, ndlr), Kanika et Ma’afu seront toujours là. Karl, formé en deuxième ligne, s’est installé en numéro 4 ces derniers mois et peut aussi dépanner en troisième ligne. Macurdy et Fifita apportent de la polyvalence ». Et donc Soucouna, jeune recrue à fort potentiel : « un très bon joueur, qui va devoir être performant. »

Un effectif pensé pour s’adapter, et faire jouer la polyvalence. Le recrutement massif en 3e ligne le prouve (Jouanny, Dessaigne, Macurdy, Ekuasi) en plus de la prolongation d’un an du capitaine Fred Quercy, et des profils restants : Viiga, Coularis, et donc les polyvalents Ma’Afu, Kanika, Fifita et Wilkins.

 

LES PRÊTS, UN CHOIX ASSUMÉ POUR FAIRE GRANDIR LES JEUNES

Enfin, la politique de prêts s’inscrit dans cette logique de construction. Il y avait le cas de Simeon Soenen définitivement transféré à Albi cette saison, d’autres devraient suivre cet exemple mais avec l’objectif de revenir ensuite à Sapiac. Comme le jeune 2e ligne argentin Mateo Lorenzo (22ans)  : « il est non‑JIFF encore. L’idée, c’est qu’il joue beaucoup, pas trois matchs. On veut qu’il fasse une carrière, qu’il prenne de l’expérience avec des adultes. »

Même logique pour Jean Penetro, prêté à Albi : « il a besoin de jouer, de s’aguerrir, pour pouvoir revenir et montrer de belles choses. » Pas d’autres prêts actés pour l’instant, un signal pour les autres jeunes de l’effectif aperçus cette saison : Seux, Gade, Leflamand, Bousquet ou Da Costa. L’USM compte sur eux, mais ils devront prouver qu’ils méritent leur place.