Publié : 11h46 par La rédaction

Thierry Marx alerte les candidats aux municipales

À Brive (Corrèze) ce lundi 9 mars, Thierry Marx a appelé les candidats aux municipales à agir pour protéger l’hôtellerie-restauration, un secteur sous pression.

Valentin Prudon président de l'Umih 19-23 et Thierry Marx président de l'Umih.
Valentin Prudon président de l'Umih 19-23 et Thierry Marx président de l'Umih.
Crédit : Stéphane Jacquemin / Totem

 

À quelques jours du 1ᵉʳ tour des élections municipales, l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) veut faire entendre sa voix. Le syndicat, présidé par Thierry Marx depuis 2022, porte depuis deux mois un manifeste intitulé "Travaillons ensemble". Son objectif : questionner les candidats sur les décisions municipales qui peuvent soutenir… ou fragiliser le secteur. En déplacement à Brive (Corrèze) ce lundi 9 mars, le chef étoilé a rappelé que l’hôtellerie-restauration reste "un secteur contraint par plusieurs crises successives". Selon lui, les municipalités ont un impact direct sur la vie des établissements.
 

Des questions précises sur les règles locales

Thierry Marx explique vouloir sortir d’une logique de "contestation permanente" pour devenir une force de proposition. Il détaille les points soumis aux candidats :
  • le contrôle des meublés touristiques,
  • la régulation des licences 4 et 3,
  • l’existence de cafés associatifs parfois "sans contrôle",
  • la digitalisation et la dérégulation du marché.
"Nous posons des questions très précises : qu’est-ce que vous comptez faire si vous êtes élus ?", insiste Thierry Marx. Il évoque une concurrence parfois "déloyale" pour les professionnels qui, eux, "payent des charges, des taxes et emploient du personnel".
 

Le débat autour du numerus clausus pour limiter le nombre de restaurants

Une proposition a récemment fait réagir : le numerus clausus avancé par Franck Chaumès, président de l’UMIH Restauration, qui permettrait de limiter le nombre de restaurants dans les villes. Thierry Marx tempère : "Quand Franck dit numerus clausus, il tire une sonnette d’alarme". Il pointe un manque de contrôle : "Je vous mets au défi de savoir à Brive combien il y a de licences 4". Pour lui, le message vise surtout à dénoncer des "dérives" avec des ouvertures sans autorisation. Il cite des exemples d’accidents sanitaires, comme à Crans-Montana, ou de débits de boissons non déclarés.

 

Le "permis d’entreprendre" : une formation, pas une autorité

Interrogé sur l’idée d’un permis d’entreprendre, Thierry Marx clarifie : "Soyons sérieux, le permis d’entreprendre ne verra pas le jour". Il défend toutefois un accompagnement renforcé pour les jeunes artisans, sous forme de formations dédiées : gestion, comptabilité, développement de marque. "On peut être un très bon artisan et pas forcément un très bon chef d’entreprise", rappelle-t-il. L’objectif : éviter des faillites rapides dues à des loyers trop élevés ou à un manque de trésorerie.
 
 

 

Thierry Marx en Corrèze, le reportage de Stéphane Jacquemin
Thierry Marx en Corrèze, le reportage de Stéphane Jacquemin
Crédit : Totem

Crise du secteur : des pistes, mais des inquiétudes

Pour Thierry Marx, la crise est réelle : "La nier serait ridicule".
 
Il voit toutefois des solutions :
  • travailler sur la mobilité,
  • développer des logements pour les salariés,
  • repenser la fiscalité en zone rurale.
Il s’interroge : "Pourquoi une grande marque de hamburger peut s’installer en zone rurale alors qu’un petit restaurateur peine à faire de la trésorerie ?". Il déplore une "dégastronomisation" du pays : 28 restaurants ferment chaque jour, 20 ouvrent, mais il s'agit souvent de concepts industriels.
 

Une loi-cadre pour protéger le "fait maison"

Thierry Marx défend une loi-cadre pour protéger l’artisanat culinaire. Le décret de 2014 sur le "fait maison" ne suffit plus, selon lui. "Protéger le fait maison, c’est protéger un savoir-faire, un patrimoine culinaire, une relation avec le monde agricole".
 
Il alerte sur la concurrence entre artisans et grandes enseignes proposant des produits très bon marché. Exemple : des croissants à 0,50 €, fabriqués industriellement, pouvant faire disparaître un artisan boulanger en "15 jours".
 

La rentabilité en question

Thierry Marx donne un chiffre frappant : "Sur un menu à 22 €, il reste 0,40 € au restaurateur". Avec une flambée de l'énergie ou des matières premières, il suffit d’une "zone de turbulence" pour précipiter un établissement au tribunal de commerce.
 
Le président de l’UMIH regrette enfin que les élus s’intéressent au secteur "au moment des élections, mais après ?".