Modifié : 26 août 2026 à 17h30 par Tiphaine Coulon avec Joëlle Mege

Sécheresse : des dérogations pour les fromages AOP

La sécheresse oblige les producteurs de Cantal, Bleu d'Auvergne et Fourme d'Ambert à bénéficier de dérogations pour nourrir leurs troupeaux.

Les cinq fromages AOP d'Auvergne présentés au Sommet de l'élevage.
Les cinq fromages AOP d'Auvergne présentés au Sommet de l'élevage.
Crédit : FB Les Cinq fromages AOP d'Auvergne

 

La sécheresse qui touche une grande partie du Massif central a des conséquences jusque dans les filières fromagères. Faute d'herbe en quantité suffisante pour nourrir les troupeaux, plusieurs AOP bénéficient d'assouplissements temporaires de leur cahier des charges, dont le Cantal et le Bleu d'Auvergne.
 

Les éleveurs puisent déjà dans leurs réserves

L'été particulièrement sec met sous pression les exploitations agricoles. Dans de nombreuses zones d'élevage, les pâturages ne permettent plus de nourrir les animaux exclusivement à l'herbe, comme l'exigent certains cahiers des charges des appellations d'origine protégée (AOP). Les éleveurs ont ainsi dû entamer leurs stocks de fourrage habituellement destinés à l'hiver, une situation qui inquiète la profession à l'approche des prochains mois.
 

Des assouplissements accordés pour plusieurs AOP

Face à cette situation exceptionnelle, le gouvernement a autorisé des dérogations temporaires pour les AOP Comté, Beaufort et Abondance. De son côté, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) a également validé des modifications temporaires des cahiers des charges pour plusieurs fromages du Massif central, notamment le Cantal, le Bleu d'Auvergne et la Fourme d'Ambert.
 
Des mesures similaires avaient déjà été mises en place après l'épisode de sécheresse de 2022.
 

« Les stocks étaient à zéro »

Vice-président du Comité interprofessionnel des fromages (CIF), Laurent Lours souligne l'ampleur des difficultés rencontrées par les producteurs. Selon lui, la situation est plus compliquée que l'an dernier. Les exploitations disposaient alors encore de quelques réserves, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
 
Les stocks étaient carrément à zéro en début de saison.
 
Pour nourrir les animaux, les éleveurs distribuent du fourrage récolté cette année depuis déjà plusieurs semaines, réduisant d'autant les réserves disponibles pour l'hiver.
 

Acheter du fourrage à l'extérieur

Les dérogations obtenues permettent aux producteurs de compléter l'alimentation des troupeaux avec du foin, de la luzerne ou de l'herbe enrubannée provenant de l'extérieur de la zone d'appellation.
 
Une bouffée d'oxygène pour les exploitations, même si cette solution représente un coût supplémentaire. "Tous les prix flambent", rappelle Laurent Lours, qui estime néanmoins que l'urgence reste de garantir l'alimentation des animaux pour les prochains mois.
 

L'hiver déjà dans les esprits

La profession reste attentive à l'évolution des conditions météorologiques dans les prochaines semaines. Les producteurs craignent désormais que le déficit fourrager de l'été ne se répercute durant l'hiver, avec des besoins d'approvisionnement supplémentaires et des charges accrues pour les exploitations.