Modifié : 25 août 2026 à 18h35 par JOELLE MEGE

Face aux tornades, nos territoires peuvent être concernés.

La culture du risque devient nécessaire selon un spécialiste des orages.

Les orages, éclairs et la foudre chassés par les photograges
Les orages, éclairs et la foudre chassés par les photograges
Crédit : Médhi allias @Sky_watcher

 

Lundi 24 août, une tornade a traversé le village de Pomas (Aude), provoquant de nombreux dégâts et faisant 41 blessés. Selon les premières observations évoquées par Raymond Piccoli, le phénomène pourrait correspondre à une tornade de catégorie EF3, voire davantage, sur une échelle qui en compte cinq. 

« Ce n'est pas réellement une surprise », explique le spécialiste, également  directeur de la maison de la foudre dans le Cantal. La région était placée sous un risque tornadique très élevé. Les secteurs de l’Aude, de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et jusqu’aux Bouches-du-Rhône présentaient des conditions favorables à la formation de tornades. 

Les orages supercellulaires en cause.. 

À l’origine de ces phénomènes, on retrouve des orages dits « supercellulaires ». Ces systèmes orageux très particuliers entrent en rotation et peuvent produire simultanément une activité électrique intense, de gros grêlons et des tornades. 

« C'est exactement le même type d'orage que l'on observe dans les grandes plaines américaines », souligne Raymond Piccoli. 

Le spécialiste rappelle qu'avant de devenir une tornade, le phénomène se présente sous la forme d'un entonnoir nuageux. Lorsque cet entonnoir touche le sol, il prend officiellement le nom de tornade. 

Le Massif central n’est pas épargné 

Pour beaucoup, les tornades restent associées aux États-Unis ou aux plaines. Pourtant, elles peuvent également se produire en altitude. 

Raymond Piccoli affirme que des tornades de faible intensité sont régulièrement observées au-delà de 1 000 mètres d'altitude. Elles passent souvent inaperçues car elles touchent des secteurs peu habités. 

Il cite notamment une tornade survenue il y a quelques années  sur le Cézalier  (Cantal-Puy-de-Dôme), qui avait causé d’importants dégâts sur un buron en pierre. 

Un risque appelé à augmenter 

Pour Raymond Piccoli, le changement climatique favorise des orages plus fréquents et plus violents. 

« Les orages sont l'un des thermomètres de la Terre », explique-t-il. Leur développement nécessite de la chaleur et de l'humidité. Dans un climat qui se réchauffe, ces ingrédients deviennent plus favorables aux phénomènes extrêmes. 

Selon lui, les épisodes qualifiés autrefois d’exceptionnels tendent à devenir plus fréquents. Cela implique une meilleure prise en compte du risque dans l'ensemble des territoires, y compris dans le Massif central. 

Développer une culture du risque 

Le spécialiste regrette que la France ne dispose pas d'une catégorisation aussi développée que celle utilisée aux États-Unis pour les orages supercellulaires. 

Selon lui, annoncer simplement un risque d’orage ne permet pas toujours de mesurer la gravité potentielle de la situation. Une alerte spécifique aux orages supercellulaires aiderait les habitants à adopter les bons réflexes. 

Parmi les comportements à éviter, il cite le fait de s’abriter sous les arbres ou de sortir filmer l’arrivée d’un phénomène violent. Ces pratiques augmentent fortement les risques liés à la foudre, aux chutes de branches ou aux changements de trajectoire d’une tornade. 

Quels réflexes adopter ? 

En cas d'orage violent ou de risque de tornade : 

  • rejoindre un bâtiment solide ; 

  • s'éloigner des fenêtres ; 

  • éviter les portes vitrées ; 

  • ne pas rester sous un arbre ; 

  • rentrer le mobilier extérieur susceptible d'être emporté ; 

  • suivre les consignes des autorités et les bulletins météo. 

Pour Raymond Piccoli, la prévention reste l'outil le plus efficace. Il estime que la sensibilisation devrait commencer dès l'école afin de mieux faire connaître les comportements à adopter face aux phénomènes météorologiques extrêmes.