Publié : 8h41 par JOELLE MEGE

Prix du lait : les producteurs de la FDSEA et des JA "visitent" Carrefour La Sablière à Aurillac

Dans le cadre des accords commerciales ils sollicitent des rencontres avec les directeurs des magasins

action des producteurs de lait
D'où vient le lait ?
Crédit : JOELLE MEGE

Ce mercredi 4 février 2026,  quelques éleveurs laitiers se sont rendus au  magasin Carrefour La Sablière, à Aurillac pour rencontrer la direction.  Ils veulent mettre la pression sur la grande distribution en pleine négociation commerciale.
Parmi eux, Jean‑Paul Peyral,   patron de la section laitière à la FDSEA  décrit une filière « au bord de la rupture ».

Une production mondiale au plus haut

Le producteur explique que depuis six mois, la production laitière augmente partout :
en Cantal, en France, en Europe et « dans tous les pays du monde ».
Personne n’est en production négative.

En Auvergne, la hausse atteint +8 % depuis juillet. Selon lui, cette surproduction provoque un effondrement des marchés internationaux. Il cite un exemple : la poudre et le beurre, vendus 7 500 € la tonne il y a un an, tombent aujourd’hui à 2 500 € la tonne.

Des prix du lait en chute libre

L’été dernier, les producteurs espéraient un prix autour de 454 € les 1 000 litres en lait conventionnel.
Aujourd’hui, les annonces tournent autour de 410 €, parfois 400 €, et même moins pour l’été 2026.

Les entreprises laitières perdent des marchés et négocient difficilement avec la grande distribution (GMS). « Elles ne passent aucune hausse. Elles sont à 0 %, parfois en négatif », explique Jean‑Paul Peyral. Conséquence : sans revalorisation en rayon, impossible de revaloriser le prix du lait aux producteurs.

Il estime la perte actuelle entre 40 et 50 € la tonne pour les payes de février, mars et pour tout le premier semestre 2026.

« La GMS prend sa marge, l’industriel aussi. Et nous, le producteur, on reste la variable d’ajustement. Ce n’est plus supportable », souffle Jean‑Paul Peyral.

Les éleveurs martèlent leur priorité : défendre les produits français et limiter l’entrée de produits étrangers en rayon.

Ils ont mené une opération de contrôle des origines du lait sur différents produits au sein du magasin, puis déposé des étiquettes pour interpeller les consommateurs. 

Une semaine d’actions en grande distribution

La mobilisation d’Aurillac s’inscrit dans une série d’actions ciblant la GMS cette semaine.
La semaine prochaine, les producteurs annoncent des actions « plus ciblées » auprès des industriels.

Les négociations commerciales se sont ouvertes il y a un mois et se termineront au Salon de l’Agriculture, à Paris. L’objectif des syndicats agricoles est clair : obtenir un prix du lait qui couvre les coûts de production et respecte la loi Egalim.

Les producteurs de lait en discussion avec une représentante de la direction de Carrefour