Publié : 16h03 par La rédaction

Pouponnière du Puy-de-Dôme : l’État et le Département pointés du doigt

La Défenseure des droits dénonce des manquements graves dans une pouponnière de Chamalières (Puy-de-Dôme), pointant le conseil départemental et la préfecture.

La préfecture du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand.
La préfecture du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand.
Crédit : FB préfecture du Puy-de-Dôme

 

Ce mercredi 11 mars 2026, la Défenseure des droits a rendu publique une décision concernant une pouponnière de Chamalières (Puy-de-Dôme). Saisie en mars 2023 par la pédiatre et la pédopsychiatre de l’établissement, elle pointe une "sur‑occupation aux conséquences néfastes pour les enfants". Dans une structure autorisée pour 23 places, jusqu’à 29 enfants ont été accueillis en 2022, 50 en 2023 et 61 en 2024. Selon la décision, ces conditions ont empêché les équipes, malgré des renforts progressifs, "d’apporter les soins nécessaires" et d’assurer une prise en charge adaptée des tout‑petits.
 

Des conditions d’accueil jugées dégradées

La décision relève plusieurs situations préoccupantes :
  • un enfant n’est pas sorti à l’extérieur pendant une semaine faute de personnel ;
  • des nourrissons pouvaient pleurer près de 30 minutes avant d’être pris dans les bras ;
  • le nombre de lits, de chaises et de poussettes était insuffisant ;
  • un enfant a reçu un traitement contre l’anxiété en raison de la promiscuité.
La Défenseure des droits estime que le conseil départemental du Puy-de-Dôme et le Centre départemental de l’enfance et de la famille "ont porté atteinte à l’intérêt supérieur" des enfants, qualifiant ces manquements de "violences institutionnelles".
 

La préfecture également mise en cause

Autre point notable : la préfecture du Puy-de-Dôme n’a pas diligenté de contrôle, malgré sa connaissance des difficultés. Ce manque de suivi "a porté atteinte à l’intérêt supérieur des mineurs accueillis". Le conseil départemental et la préfète disposent de trois mois pour informer l’autorité indépendante des suites données à ces recommandations.
 

La réponse du Département du Puy-de-Dôme

Dans un communiqué publié ce mercredi, le département du Puy-de-Dôme assure que les constats datent de plusieurs années et que les recommandations interviennent "près de trois ans après la saisine".
Il met en avant les actions menées depuis :
  • la fin du sureffectif depuis septembre 2024 ;
  • des investissements multipliés par 18 entre 2021 et 2024, atteignant 102,5 millions d’euros en 2024 pour la protection de l’enfance.
Selon les chiffres officiels portant sur 2024, plus de 224.000 mineurs étaient pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance en France. Dans le Puy-de-Dôme, 5.138 mineurs et jeunes majeurs bénéficient d’une mesure éducative ou sont confiés.
 
(Avec AFP)