Publié : 8h30 par FTB avec SD

Pharmacies rurales : une aide bienvenue, mais loin d’être une solution miracle et durable

Pour soutenir les petites pharmacies installées en milieu rural, l’Assurance maladie met en place une nouvelle aide financière pouvant atteindre 20 000 euros par an. Un dispositif destiné aux officines fragilisées par le manque de patients et la désertification médicale. Sur le terrain, les pharmaciens saluent le soutien… tout en pointant ses limites. Exemple en Lozère.

Une antenne de pharmacie ouvrira trois jours par semaine à partir du 1er août
Une antenne de pharmacie ouvrira trois jours par semaine à partir du 1er août
Crédit : Wikinews

 

Dans certains villages, la pharmacie reste parfois le dernier service de santé de proximité encore ouvert. L’Assurance maladie souhaite donc les soutenir, et va pour cela verser une aide financière à environ un millier de petites pharmacies rurales, confrontées à des difficultés économiques. En cause : la démographie médicale fragile, le manque de patients et des territoires étendus où les distances compliquent l’accès aux soins.
Le montant de cette aide peut atteindre jusqu’à 20 000 euros par an, sous réserve de remplir plusieurs critères. Objectif affiché : éviter les fermetures et maintenir un service de proximité essentiel dans les communes rurales.

 

« UNE FAUSSE BONNE IDÉE » SELON CERTAINS PHARMACIENS

Sur le terrain, le dispositif est accueilli avec prudence. Lola Pialot, pharmacienne à Sainte-Enimie, en Lozère, parle d’« une fausse bonne idée ».
« C’est une bonne idée dans le sens où cette aide, on en a besoin. Mais c’est un peu un pansement », explique-t-elle. Pour elle, le problème est structurel : « Si on avait une meilleure rémunération au cours de l’année, on n’aurait pas besoin de cette aide. »
Autre point soulevé : cette aide n’est pas perçue en net. « Il y a des charges dessus : l’Urssaf, la retraite… Une grosse partie ne nous revient pas directement. »

 

UNE AIDE UTILE, MAIS PAS UNE SOLUTION DURABLE

Malgré ces réserves, l’aide peut faire la différence dans certaines situations. Lola Pialot en témoigne : « J’ai eu un congé maternité de plus de trois mois. Grâce à cette aide, j’ai pu finir l’année en positif. Sans elle, ça n’aurait pas été le cas. » D’autant plus que dans son cas, la prochaine pharmacie est à plus de 30 kilomètres. Autrement dit une fermeture, même temporaire, handicaperait ses clients.

 
Elle a d’ailleurs choisi de renouveler sa demande, notamment en raison d’un projet de transfert de son officine, avec de lourds travaux et investissements à venir : « Ça va me donner un coup de pouce, tout de même. »