Publié : 13h53 par
Johan Gesrel

"On a un ADN dans le Tarn-et-Garonne" : le préfet Vincent Roberti s'en va

À quelques jours de son départ, le préfet de Tarn-et-Garonne Vincent Roberti s’est confié sur TOTEM sur sa nouvelle mission à la tête du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2030. Gouvernance, agriculture, eau, cathédrale de Montauban : il évoque aussi son bilan.

Vincent Roberti le regard déjà tourné vers les Jeux Olympiques de 2030.
Vincent Roberti le regard déjà tourné vers les Jeux Olympiques de 2030.
Crédit : Johan GESREL

Après trois ans passés dans le Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti, s’apprête à tourner une page. Retenu comme futur directeur général du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, il quittera ses fonctions préfectorales ce dimanche, avant l’arrivée de son successeur Sébastien Cauwel lundi 1er juin 2026. « Si les choses vont bien, je serai opérationnel à la mi-juin », indique le préfet de Tarn-et-Garonne, évoquant les étapes administratives encore nécessaires, notamment l’avis de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
 

Jeux olympiques 2030 : enthousiasme et confiance

Dans un contexte de tensions internes au comité d’organisation, le futur directeur général se veut serein. « On a une belle équipe, un président remarquable et des partenaires engagés », assure Vincent Roberti, futur directeur général du Cojop 2030, en référence à Edgar Grospiron. Selon lui, le calendrier, notamment celui de la carte des sites olympiques attendue d’ici fin juin, reste tenable. Sur les sites sensibles, notamment le hockey, il affirme que « des discussions raisonnables sont en cours », convaincu que « le choix sera forcément le meilleur ». Le projet olympique est présenté comme un héritage durable pour la montagne, à la fois économique et environnemental.
 
On a coutume de dire qu’un préfet qui passe par le Tarn-et-Garonne peut tout faire ensuite, étant donné la complexité du territoire, de sa politique et des crises agricoles qu'il est souvent amené à gérer. Vincent Roberti sourit et acquiesce :  
 
« Le Tarn-et-Garonne, c'est un très beau territoire dans lequel on peut vraiment faire du bon travail. On a des acteurs qui ont leur identité, leur personnalité. Il y a un ADN dans le Tarn-et-Garonne. On a des acteurs qui sont formidables parce qu'ils croient tellement dans leurs projets qu'ils y vont avec l'énergie, la force nécessaire. Donc des élus, des représentants du monde agricole, du monde économique qui ont envie et qui y vont avec leurs tripes. »
 

Agriculture, eau et dossiers structurants

À l’échelle départementale, le préfet revient sur les dossiers agricoles, au cœur des tensions liées à la ressource en eau. « Sur 70 projets de retenues d’eau déposés, une trentaine ont été autorisées et sept réalisés », précise Vincent Roberti, soulignant que le principal frein reste aujourd’hui financier. La réglementation sur le curage des retenues a également évolué, facilitant les démarches des exploitants agricoles de Tarn-et-Garonne. « C’est une simplification née ici et reconnue au niveau national », insiste-t-il.

Concernant l’accueil des gens du voyage, il rappelle les réquisitions menées en 2024 et 2025, avec l’espoir de ne pas y recourir en 2026 grâce à la mise en place d’une aire de grand passage. Un comité doit se réunir sous sa houlette ce vendredi 29 mai 2026.
 

Cathédrale de Montauban : un calendrier confirmé

Autre dossier emblématique : la cathédrale de Montauban (Tarn-et-Garonne), fermée depuis 2020. « Les travaux de consolidation vont débuter dès la fin de l’année », annonce Vincent Roberti, avec un objectif d’ouverture partielle du monument en 2028. L’enveloppe financière reste fixée à 13 millions d’euros. Au moment de quitter Montauban, Vincent Roberti souhaite s'adresser aux habitants  : 
 
« C'est un département où les gens, les élus, les chefs d'entreprises, ont envie de faire avancer leurs projets. On a de belles entreprises. Villeroy & Boch à Valence, Liebherr-Aerospace à Campsas. On a aussi de toutes petites entreprises comme Crambes qui fabriquent des chapeaux à Caussade. C'est vraiment une mentalité d'investisseurs, de promoteurs, de porteurs de projets. C'est ça le souvenir que je garderai. Mais au-delà de ça, c'est un département méconnu en matière de tourisme et de culture, alors qu'il y a des endroits extraordinaires, l'abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, Bruniquel, Lauzerte, Auvillar. Même Montauban, c'est une ville magnifique, très belle, très attractive. Je partirai avec ces images presque de vacances alors que j'y ai travaillé comme un acharné dans ce beau département pour le faire continuer d'avancer et de construire son avenir.  »