Modifié : 18h12 par
Johan Gesrel

Montauban : "On parle de guilis...", l'angoisse des parents après les accusations d'agressions sexuelles visant un animateur de maternelle

Ce lundi 2 novembre 2026, la rentrée s'est déroulée dans un climat particulièrement tendu à l'école maternelle Hugues-Panassié de Montauban (Tarn-et-Garonne). Deux semaines après la mise en examen d'un animateur scolaire et alors que quatre plaintes ont été déposées pour des agressions sexuelles présumées, les parents disent leur inquiétude. En parallèle, la justice a ordonné le retrait de plusieurs vidéos diffusées sur TikTok.

L'entrée de l'école maternelle Hugues Panassié à Montauban.
L'entrée de l'école maternelle Hugues Panassié à Montauban.
Crédit : Johan GESREL / TOTEM
Montauban : "On parle de guilis...", l'angoisse des parents de la maternelle Hugues Panassié.

Devant les grilles de l'école maternelle Hugues-Panassié à Montauban (Tarn-et-Garonne), les discussions sont discrètes ce lundi 2 novembre 2026. Certains parents déposent leurs enfants sans un mot, d'autres prennent le temps d'échanger avec l'équipe éducative. Une cellule d'écoute a été mise en place au sein de l'établissement pour accompagner les familles après les révélations des dernières semaines.

 
Pour rappel, un animateur scolaire de 27 ans intervenant dans l'école a été mis en examen pour tentative de corruption de mineur par voie électronique, diffusion de messages pornographiques impliquant un mineur et détention d'environ 250 images pédopornographiques. Le parquet avait alors précisé que les faits reprochés ne présentaient pas de lien établi avec ses fonctions au sein de l'école du quartier de Sapiac. De son côté, la mairie assurait qu'à aucun moment l'animateur ne s'était retrouvé seul avec un enfant. Par précaution, la ville avait alors rompu le contrat de l'animateur.
 

"Il commençait à rechigner à aller à l'école"

Depuis, l'affaire a pris une nouvelle dimension avec le dépôt de quatre plaintes de parents pour des agressions sexuelles présumées sur des enfants scolarisés dans l'établissement. Des parents interrogés par la Dépêche du Midi évoquent "des chatouilles sur le ventre, des massages dans le dos et des attouchements sur les parties intimes".

Parmi les familles rencontrées ce lundi par TOTEM, Slimane s'interroge sur certains changements de comportement observés chez son fils âgé de trois ans et demi : "Une semaine avant les vacances, il commençait à rechigner à aller à l'école, à pleurer. Je l'avais signalé à la maîtresse qui mettait ça sur le compte de la fatigue. Aujourd'hui, on se demande s'il s'est passé quelque chose ou non."
 

"Elle jouait souvent dans la cabane avec lui..."

À l'annonce de l'affaire, une autre mère de famille explique avoir immédiatement interrogé sa fille, scolarisée en petite section. "Elle m'a dit qu'elle jouait souvent dans la cabane avec lui. Ce qui m'inquiète surtout, ce sont les plaintes des autres parents. On parle de massages, de guilis... Des choses qu'on ne devrait jamais faire à un enfant. J'espère qu'il y aura un suivi psychologique, au moins que les enfants puissent voir des psychologues parce qu'ils en ont besoin après tout ça."
 
Pour de nombreux parents, l'âge des enfants rend la situation particulièrement difficile à appréhender. Les élèves concernés ont entre 3 et 6 ans. "Ça a de quoi faire peur. Quand les enfants n'ont pas la parole et n'expriment pas forcément leur journée, c'est très compliqué pour les parents." Des interrogations qui alimentent un climat d'inquiétude au sein de la communauté éducative alors que les investigations judiciaires se poursuivent.
 

TikTok contraint de retirer plusieurs vidéos

Autre volet de cette affaire : la diffusion sur TikTok de vidéos montrant le nom et le visage de l'animateur mis en cause. Selon les informations recueillies par TOTEM, la plateforme a été sommée de retirer ces contenus. Les auteurs concernés s'exposent à une astreinte de 300 euros par jour de retard en cas de non-respect de la décision de justice. Jointe par la rédaction, l'avocate de l'animateur, Imane Krimi, annonce également le dépôt d'une plainte après la publication de commentaires jugés menaçants à l'encontre de son client qualifié entre autres de "pédophile".
 
De son côté, la Ville de Montauban a déposé plainte après les révélations d'agressions sexuelles présumées et a ouvert une enquête administrative au sein de ses services. À ce stade de la procédure, les faits dénoncés font toujours l'objet d'investigations. Selon nos informations, l'ex-animateur n'a pas encore été interrogé sur les accusations d'agressions sexuelles. Seule certitude : le vendredi 20 novembre 2026, il sera jugé pour les faits de corruption de mineur et détention d'images pédopornographiques.